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25/08/2014 08:14 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

Nil: réunion tripartite à Khartoum sur le barrage éthiopien controversé

L'Egypte, le Soudan et l'Éthiopie ont entamé lundi à Khartoum une réunion qualifiée de "cruciale" pour régler le litige entre les trois pays sur le barrage hydro-électrique qu'Addis Abeba construit sur le Nil.

"Ce sera une réunion cruciale et définitive en vue d'une solution globale à propos de ce barrage", a dit l'hôte de la réunion, le ministre soudanais de l'Eau, Maottaz Moussa.

L'Ethiopie a entamé en 2013 une déviation du Nil Bleu sur 500 mètres en vue de la construction d'un important barrage hydro-électrique dénommé "Grande renaissance", un projet de 4,2 milliards de dollars (3,2 mds EUR), selon des officiels éthiopiens.

Le Nil Bleu rejoint le Nil Blanc à Khartoum pour former le Nil, qui traverse le Soudan puis l'Egypte avant de se jeter dans la Méditerranée.

Les travaux pour la première phase du barrage - d'une capacité de 700 megawatts - devraient durer trois ans, et une fois achevé le barrage devrait avoir une capacité de 6.000 megawatts. Fini, l'ouvrage devrait s'étendre sur 1780 m, pour une hauteur de 145 m.

Deux précédentes réunions en novembre et décembre 2013 entre des responsables de ces trois pays riverains du Nil n'avaient pas abouti, en dépit des assurances répétées lundi par le ministre éthiopien de l'Eau, Alemayehu Tegenu, que le projet hydraulique n'aurait pas de conséquences majeures pour l'Egypte et le Soudan, situés en aval.

Mais le ministre égyptien de l'Irrigation, Hussein Mohamed al Maghazi, a souligné que son pays se trouvait dans "une situation spéciale car il dépendait totalement des eaux du Nil", fleuve vital pour l'Egypte comme pour le Soudan.

Le gouvernement égyptien a toujours rappelé son opposition "à tout projet qui pourrait affecter le débit du fleuve en aval".

L'Egypte considère que ses "droits historiques" sur le Nil sont garantis par deux traités datant de 1929 et 1959 lui accordant ainsi qu'au Soudan des droits sur 87% au total du débit du fleuve, et un droit de véto sur tout projet en amont que le Caire jugerait contraire à ses intérêts.

Ces accords sont toutefois contestés par la majorité des autres pays du bassin du Nil, dont l'Ethiopie, qui ont conclu un traité distinct en 2010 leur permettant de développer des projets sur le fleuve sans avoir à solliciter l'accord du Caire.

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