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25/08/2014 02:50 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

Mali: des ONG des droits de l'Homme dénoncent la libération d'un islamiste

Des organisations des droits de l'Homme ont dénoncé lundi la récente libération au Mali d'un ancien juge islamiste, inculpé pour des "violations graves des droits humains" lors du contrôle du Nord du pays en 2012 par des groupes armés jihadistes.

Houka Houka Ag Alfousseyni, ancien juge islamiste de Tombouctou (nord) "a été libéré le 15 août" dans le cadre des négociations entre le gouvernement malien et ces groupes armés, selon un communiqué de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et de l'Association malienne des droits de l'homme (AMDH).

Les deux organisations "condamnent avec véhémence" la libération de M. Ag Alfousseyni, arrêté en janvier "pour son rôle présumé dans la commission de violations graves de droits humains".

"Ce personnage important du mouvement islamiste à Tombouctou y dirigeait un tribunal islamique qui a ordonné, entre autres, des amputations, lapidations, flagellations et arrestations arbitraires", selon le texte.

"Cette libération politique est une véritable atteinte à l'indépendance de la justice et une violation flagrante des droits des victimes à la justice et à la vérité", selon Me Moctar Mariko, président de l'AMDH, cité dans le communiqué.

Un responsable du ministère malien de la Justice s'est refusé à tout commentaire sur ce cas précis. "Nous avons libéré des gens dans le cadre de la réconciliation nationale. Nous ne voulons pas rentrer dans les détails", a-t-il affirmé à l'AFP.

Bamako et les groupes armés du Nord avaient échangé 86 prisonniers en juillet.

Selon la FIDH et l'AMDH, parmi ces prisonniers, figuraient "42 éléments des groupes armés présumés auteurs de graves violations de droits humains et inculpés par la justice malienne".

Trois groupes jihadistes, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Ansar Dine et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), ont contrôlé pendant près de dix mois le nord du Mali, d'où ils ont été chassés par une intervention internationale en janvier 2013 initiée par la France, l'opération Serval.

Le gouvernement et les groupes armés du Nord, parmi lesquels figurent d'anciens membres d'Ansar Dine ou du Mujao, doivent reprendre le 1er septembre à Alger les négociations de paix suspendues en août.

Depuis l'élection du président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2013, les pourparlers piétinent et formations armées ou groupes jihadistes continuent à mener régulièrement des actions meurtrières dans le nord.

Deux soldats burkinabè de la force de l'ONU au Mali ont ainsi été tués dans un attentat suicide imputé aux jihadistes le 16 août à Ber.

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