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25/08/2014 12:46 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

Les proches disent au revoir à Michael Brown, abattu par la police à Ferguson

ST.LOUIS, États-Unis - Les proches de Michael Brown ont dit au revoir, lundi, au jeune Noir de 18 ans abattu par un policier à Ferguson, dans le Missouri, se souvenant de lui comme d'un «être doux» comptant une foi chrétienne profonde et grandissante et l'ambition qu'un jour «le monde connaisse son nom».

Mais les funérailles dépassent le simple cas d'un jeune homme reposant dans un cercueil: la cérémonie remplie d'émotions visait aussi à inscrire la mort de Michael Brown dans la lignée de la longue histoire du mouvement pour les droits civiques, en plus d'implorer les Noirs américains de transformer leurs cris de protestation en législation et en projets de loi.

«Présentez-vous aux bureaux de vote. Faites entendre vos voix, et faites savoir à tout le monde que vous en avez assez de tout ça», a déclaré Eric Davis, l'un des cousins de la victime. De son côté, le révérend Al Sharpton a lancé un appel à un mouvement de «nettoyage» des forces policières et des communautés qu'elles protègent. «Nous ne sommes pas contre la police. Nous respectons la police. Mais les forces policières qui sont dans l'erreur doivent être corrigées, tout comme doivent l'être les communautés qui se sont éloignées du droit chemin», a-t-il dit.

Le révérend Sharpton a par ailleurs, lors de la cérémonie, appelé la communauté noire à se ressaisir, disant qu'elle devrait être aussi en colère par rapport à la violence entre Noirs que par rapport à la violence policière: «Nous devons être outrés de notre manque de respect mutuel.»

«Le fait d'être noir n'a jamais tourné autour du fait d'être un bandit.» L'argent et les possessions matérielles ne valent que peu de choses, poursuit-il, «si nous ne pouvons pas protéger un enfant marchant dans une rue de Ferguson, et lui offrir la justice».

Des milliers de personnes ont assisté aux funérailles du jeune homme, dont la mort, plus tôt ce mois-ci lors d'une confrontation avec la police, a donné lieu à près de deux semaines de manifestations, dont certaines violentes.

Les 2500 sièges de l'église se sont rapidement remplis, tout comme les 2000 places de salles adjacentes. Des photos géantes de Michael Brown, écouteurs aux oreilles, avaient été installées dans l'église baptiste Friendly Temple Missionary de St. Louis, de chaque côté du cercueil.

Plusieurs personnalités connues — comme le révérend Jesse Jackson, le cinéaste Spike Lee et l'artiste Sean Combs — étaient présentes. Le président Barack Obama avait dépêché aux funérailles trois de ses conseillers à la Maison-Blanche.

La cérémonie a commencé sur de la musique entraînante, certaines personnes dansant sur place, alors que de l'eau et des mouchoirs étaient distribués. Eric Davis, l'un des cousins de Michael Brown, a appelé les gens à se rendre aux urnes et à réclamer du changement, disant que la localité en avait assez des «tueries insensées».

Un oncle du jeune homme, Bernard Ewing, l'a décrit comme un «gars costaud, avec une âme douce et tranquille», qui aspirait à une carrière comme technicien en ventilation. Un autre de ses oncles, le pasteur Charles Ewing, a dit dans son éloge funèbre que le «sang» de Michael Brown sous terre «crie vengeance, crie pour la justice».

Will Acklin, un homme noir de Little Rock, dans l'Arkansas, figurait parmi les gens d'un peu partout au pays venus saluer la mémoire de Michael Brown.

«Enfant, j'étais maltraité par la police, injurié par la police, et j'étais un bon garçon, a fait valoir M. Acklin, qui est âgé de 63 ans. J'étais un élève exemplaire. Quand j'ai entendu parler ce qui s'est passé (à Ferguson), j'ai senti le besoin de venir et d'exprimer mes sympathies.»

Angela Pierre, une opératrice de machine ayant déjà vécu à Ferguson, a dit espérer que les funérailles permettent de tourner une page et de réduire les tensions. Plus important encore, elle a dit souhaiter qu'elles apportent un baume sur les blessures de la famille de Michael Brown.

Le père de la victime, Michael Brown Sr, avait demandé dimanche aux manifestants de respecter une «journée de silence», afin que la famille puisse vivre son deuil.

«Demain (lundi), tout ce que je veux, c'est la paix», a-t-il exprimé à des centaines de personnes dans le plus grand parc de la ville de St. Louis, où se tenait un festival.

La requête de M. Brown semblait avoir été respectée, lundi. Devant le département de la police de Ferguson, où un petit groupe de manifestants persistants tiennent des veilles depuis deux semaines, un écriteau fait à la main indiquait: «Pause pour les funérailles.»

La journée de lundi était également la date du retour en classe pour les élèves de la commission scolaire Ferguson-Florissant. Les cours devaient reprendre le 14 août, mais le début de l'année scolaire a été repoussé pour des raisons de sécurité. «Nous sommes prêts à aller de l'avant, a déclaré Marcus Baker, un nouvel élève de l'école secondaire McCluer South-Berkeley, mais nous allons quand même nous rappeler de lui.»