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25/08/2014 05:18 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

Le gouvernement français démissionne: Valls doit en constituer un nouveau

PARIS - Le président français François Hollande a dissous lundi le gouvernement, après l'éclosion d'une querelle ouverte entre les membres de son cabinet au sujet de l'économie moribonde du pays.

Le premier ministre socialiste Manuel Valls a présenté la démission de son gouvernement socialiste après avoir accusé le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg d'être allé trop loin en critiquant les politiques du gouvernement.

M. Hollande a accepté sa démission et M. Valls a immédiatement été chargé de constituer un nouveau gouvernement d'ici mardi.

L'économie française est au point mort depuis le début de l'année, le taux de chômage se maintient autour de 10 pour cent et la popularité de M. Hollande a plongé sous la barre des 20 pour cent.

Les 28 membres de l'Union européenne font pression sur la France pour rectifier le tir, mais le ministre Montebourg se demande si les mesures d'austérité réclamées par l'UE seront vraiment à même de relancer la croissance.

Les promesses de M. Hollande de réduire les impôts et de faciliter les activités des entreprises sont essentiellement paralysées par les divisions au sein de son Parti socialiste.

M. Montebourg a réclamé une «modification profonde de notre politique économique», quelques jours après que M. Hollande ait clairement prévenu que le gouvernement n'entendait pas modifier sa politique économique.

Il a profité de sa dernière allocution en tant que ministre, lundi, pour lancer une attaque en règle contre les politiques du gouvernement.

«Le monde entier nous presse — nous supplie, même — de faire cesser ces politiques d'austérité absurdes qui continuent d'enfoncer la zone euro dans la récession, a-t-il lancé à la presse. Ma lourde responsabilité comme ministre de l'Économie est de chercher et de dire la vérité, de constater (...) que non seulement ces politiques d'austérité ne marchent pas, mais qu'en plus d'être inefficaces, elles sont injustes.»

Les commentaires précédents du ministre avaient irrité les dirigeants socialistes, qui estiment que la tâche de M. Montebourg est d'appuyer le gouvernement et non de le critiquer de l'intérieur.

«Il n'est pas là pour lancer un débat mais pour remettre la France sur le chemin de la croissance», a déclaré au quotidien Le Figaro le porte-parole socialiste Carlos Da Silva.

M. Montebourg représente la gauche dure au sein du Parti socialiste et son départ du gouvernement risque de susciter la colère de plusieurs électeurs qui ont porté le président Hollande au pouvoir en 2012. Le nouveau gouvernement devrait chercher à développer des liens plus harmonieux avec l'UE.

Les dirigeants français ont déjà prévenu que leur déficit surpassera la cible de 3 pour cent établie par l'UE et qu'ils sont à négocier un délai.

La semaine dernière, M. Montebourg y était allé de commentaires acérés à l'endroit de l'Allemagne et de la chancelière Angela Merkel.