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Projet de loi 3 : le débat sur les régimes de retraite se poursuit à Québec

Après les syndicats la semaine dernière, c'est au tour des aînés de critiquer le projet de loi sur la réforme des régimes de retraite.

La réforme proposée par le gouvernement libéral « contribuerait indéniablement à l'appauvrissement des aînés », a affirmé le réseau de la Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ) à la reprise des travaux de la commission parlementaire sur le projet de loi 3, lundi.

La FADOQ rappelle que le projet de loi prévoit « l'abolition unilatérale de l'indexation » des retraites. Une mesure « inacceptable », à son avis, puisque sans indexation au coût de la vie, le pouvoir d'achat des retraités diminue.

« Le projet de loi 3 nous pousse vers un précédent inacceptable qui, non seulement appauvrit les travailleurs québécois, mais diminue la qualité de vie des aînés à moyen et long termes », indique le mémoire du FADOQ, qui représente plus de 300 000 personnes de plus de 50 ans.

Longueuil et Gatineau appuient la réforme

Si le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, ne s'est pas montré très réceptif aux arguments des aînés, il a rapidement retrouvé le sourire. La Ville de Longueuil est venue soutenir le gouvernement libéral dans son désir de réformer les régimes de retraite, à l'instar de Montréal et de Québec.

Il y a un « déséquilibre des forces » entre les municipalités et les syndicats, a affirmé la mairesse Caroline St-Hilaire. Le déficit des régimes de retraite de la municipalité est maintenant de quelque 150 millions de dollars, estime-t-on.

« Avec son projet de loi, le gouvernement nous donne des outils pour exercer un véritable rapport de force. »

— Caroline St-Hilaire

Le gouvernement propose une « solution immédiate et définitive » au problème des retraites, a plaidé Mme St-Hilaire, demandant toutefois plus de flexibilité dans l'application de la réforme, afin de pouvoir l'adapter aux réalités de sa Ville.

Malgré son soutien au projet de réforme, la mairesse estime que la négociation avec les syndicats est la meilleure avenue pour renouveler les ententes sur les régimes de retraite. Elle demande donc au ministre Moreau plus de temps pour trouver une solution avec les syndicats.

Sans entente négociée, le projet de loi 3 est nécessaire pour forcer le jeu, estime le Ville de Longueuil.

Même son de cloche du côté de Gatineau. Le mémoire déposé par le maire Maxime Pedneaud-Jobin souligne que sa municipalité souhaite régler l'épineux dossier du financement des régimes de retraite de concerts avec les représentants syndicaux de ses employés.

Dans ce contexte, peut-on y lire, le projet de loi 3 établit des « principes clairs permettant un contrôle et une répartition équitable des coûts des régimes », tout en forçant les parties concernées à négocier.

« Nous faisons face à une crise sans précédent avec nos régimes de retraite. Cette situation exceptionnelle nécessite donc des mesures exceptionnelles », a indiqué le maire dans un communiqué.

Plus tard cet après-midi, ce sera au tour de la Fédération des associations de cadres municipaux du Québec de prendre la parole.

L'impasse persiste

Même si les principaux acteurs en présence demeurent bien campés sur leurs positions respectives, le porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger, a dit vendredi qu'il avait perçu une certaine ouverture de la part du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau. M. Ranger a remarqué que le ton des échanges s'était progressivement amélioré.

L'impasse persiste néanmoins autour du partage à parts égales des déficits passés, entre les employeurs et les syndiqués. Le ministre Moreau ne veut clairement pas fléchir sur cet enjeu.

Québec estime à 3,9 milliards de dollars le total des déficits accumulés des régimes de retraite des employés municipaux.

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