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25/08/2014 05:12 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

L'ancien nonce apostolique en République dominicaine fait appel de sa condamnation

L'ex-nonce apostolique - ambassadeur du Pape - en République dominicaine, le Polonais Jozef Wesolowski, condamné pour pédophilie par un tribunal ecclésiastique a fait appel de sa condamnation au retour à l'état laïc, a annoncé lundi le Saint-Siège.

"Monseigneur Wesolowski a fait récemment appel dans le délai prescrit de deux mois de sa condamnation en première instance par un tribunal écclésiastique" au retour à l'état laïc c'est-à-dire à renoncer à son sacerdoce, ce qui constitue la peine maximale pour un prélat, a précisé un porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi.

"Le jugement de la Congrégation vaticane pour la doctrine de la foi (CDF) sur ce recours sera rendu assez rapidement, probablement en octobre" a ajouté le père Lombardi.

Jozef Wesolowski, 65 ans, avait été condamné en juin dernier pour pédophilie. Il avait été dénoncé par les médias dominicains pour avoir eu des relations tarifées avec des mineurs dans la "Zona colonial", le centre historique de Saint-Domingue.

Le Vatican a estimé que l'affaire était "grave et délicate". Joseph Wesolowski a perdu son immunité diplomatique et le procès au pénal pourra être intenté "immédiatement après que le jugement canonique aura été rendu définitif".

La condamnation de ce diplomate intervient six mois après que le Comité des Nations unies sur les droits des enfants a pris le cas Wesolowski comme exemple de l'absence d'initiatives du Vatican dans la lutte contre les abus de mineurs par des prélats.

Le Vatican et l'Église ont été décrédibilisés par le scandale des prêtres pédophiles. Des dizaines de milliers de cas dans les pays occidentaux, des États-Unis à l'Irlande, remontant souvent aux années 60 et 70, avaient été dévoilés.

L'Église est critiquée pour avoir continué de protéger et muter des prêtres pédophiles, par peur du scandale, mais sans égard pour les enfants. L'opacité de la procédure de l'enquête canonique secrète, gérée au Vatican par la Congrégation pour la doctrine de la foi, a aussi été dénoncée, l'Église affirmant avoir voulu protéger la présomption d'innocence et l'anonymat des victimes.

En janvier dernier l'ONU a critiqué fermement l'Église pour ne pas avoir sanctionné avec la rigueur nécessaire des cas de pédophilie.

Jozef Wesolowski a été ordonné prêtre en 1972 par l'archevêque de Cracovie, le cardinal Karol Wojtyla, avant de devenir le pape Jean Paul II canonisé cette année.

Jean Paul II l'avait nommé représentant du Vatican en Bolivie puis a servi dans différents pays d'Asie avant que Benoît XVI ne le nomme en République dominicaine en 2008. Selon la presse, Jozef Wesolowski aurait été associé à un autre prêtre polonais, Wojciech Gil, dans des actes de pédophilie commis sur l'île des Caraïbes.

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