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25/08/2014 11:03 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

La lutte contre Ebola engagée sur deux fronts, en Afrique de l'Ouest et en RDC

La lutte contre Ebola se menait lundi sur deux fronts: en Afrique de l'Ouest, avec la visite de deux hauts responsables internationaux en Sierra Leone, et en Afrique centrale après l'apparition d'un foyer en République démocratique du Congo (RDC).

Par ailleurs, au Liberia, le pays le plus touché, un médecin contaminé par le virus et traité avec le sérum expérimental américain ZMapp, le Dr Abraham Borbor, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé à l'AFP le ministre libérien de l'Information Lewis Brown.

L'épidémie, qui s'est déclarée au début de l'année en Guinée, avant de se propager au Liberia et à la Sierra Leone voisines, puis au Nigeria, est la plus grave de l'histoire de cette fièvre hémorragique, identifiée en 1976 en RDC.

Après une période d'accalmie, elle a repris de plus belle en juillet, faisant au total 1.427 morts: 624 au Liberia, 406 en Guinée, 392 en Sierra Leone et 5 au Nigeria, sur un total de 2.615 cas (confirmés, probables ou suspects), selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) arrêté au 20 août.

"Le rythme et l'ampleur de l'accélération d'Ebola sont du jamais-vu", a déclaré vendredi le directeur adjoint de l'OMS pour la sécurité sanitaire, Keiji Fukuda, lors d'une visite au Liberia, première étape d'une tournée des pays touchés avec le coordinateur de l'ONU contre Ebola, le Dr David Nabarro.

Et l'Afrique de l'Ouest n'est désormais plus la seule touchée: une flambée d'Ebola s'est déclarée dans une zone reculée du nord-ouest de la RDC, la septième enregistrée dans ce pays, faisant 13 morts.

Les autorités congolaises ont lancé leur riposte lundi. Le ministre de l'Intérieur, Richard Muyej, a remis dans la matinée à Kinshasa un lot de thermomètres laser aux responsables de la province de l'Equateur.

Ces thermomètres permettent de "prendre la température à distance sans toucher la personne", afin de protéger le personnel soignant, a expliqué le ministre de la Santé Félix Kabange Numbi.

- 'Risques d'expansion très faibles' -

Les autorités ont confirmé dimanche une épidémie d'Ebola, circonscrite à un secteur, placé en quarantaine, du territoire de la ville de Boende, à environ 800 km au nord-est de Kinshasa: quelques villages épars dans une zone d'une centaine de kilomètres carrés, à plusieurs heures de piste de Boende.

Elles prévoient aussi la mise en place d'un centre de traitement et l'installation d'un laboratoire mobile dans cette localité.

Au total, 11 malades ont été isolés et plus de 80 personnes ayant eu des contacts avec des malades étaient sont suivies "par une équipe spécialisée", selon le dernier bilan fourni dimanche soir.

L'OMS estime qu'actuellement "les risques d'expansion du virus sont très faibles" à cause des "difficultés d'accès" à la zone, a indiqué un responsable de l'organisation à Kinshasa, précisant qu'elle partageait l'avis des autorités congolaises sur le caractère isolé de cette épidémie.

Elle est "totalement indépendante de celle qui sévit actuellement en Afrique de l'Ouest", a ajouté ce responsable sous couvert d'anonymat, assurant qu'"aucun voyageur en provenance d'un des pays touchés par le virus Ebola n'est arrivé dans la région".

En Afrique de l'Ouest, un expert médical international de l'OMS a été contaminé pour la première fois, en Sierra Leone, tout comme un infirmier volontaire britannique, rapatrié dimanche en avion militaire.

Il s'agit d'un spécialiste en épidémiologie de l'OMS, a indiqué l'organisation, soulignant qu'il s'agissait du premier cas parmi les quelque 400 personnes déployées dans les pays touchés.

L'infirmier bénévole britannique contaminé à Kenema, dans l'est de la Sierra Leone, épicentre de l'épidémie, William Pooley, 29 ans, était soigné dans une unité d'isolement au Royal Free Hospital de Londres.

"Il ne pourrait pas être dans de meilleures mains", a assuré sa famille, tandis qu'un médecin américain qui a travaillé avec lui à Kenema, Robert Garry, a affirmé qu'il avait pris connaissance de sa contamination samedi et avait "une bonne chance de s'en sortir".

Il s'agit du deuxième malade d'Ebola rapatrié en Europe, après un prêtre espagnol infecté au Liberia et décédé le 12 août, malgré l'administration du sérum ZMapp, qui a donné des résultat sur deux patients américains, déclarés guéris la semaine dernière.

Le Japon a proposé lundi de fournir un traitement expérimental mis au point par une entreprise nippone, homologué en mars dans le pays comme antiviral contre la grippe, afin de lutter contre Ebola si l'OMS en faisait la demande.

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