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25/08/2014 08:31 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

L'État islamique aurait commis des crimes contre l'humanité

ASSOCIATED PRESS
Demonstrators chant pro-al-Qaida-inspired Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL) as they wave al-Qaida flags in front of the provincial government headquarters in Mosul, 225 miles (360 kilometers) northwest of Baghdad, Iraq, Monday, June 16, 2014. Sunni militants captured a key northern Iraqi town along the highway to Syria early on Monday, compounding the woes of Iraq's Shiite-led government a week after it lost a vast swath of territory to the insurgents in the country's north. (AP Photo)

Les combattants du groupe État islamique pourraient avoir tué quelque 670 prisonniers dans la ville irakienne de Mossoul et commis de nombreuses autres atrocités qui correspondraient à des crimes contre l'humanité, a dit lundi la Haute-commissaire des Nations unies pour les droits de la personne, Navi Pillay.

La responsable onusienne a déclaré que des «violations horribles et graves sont commises chaque jour» par les membres d'État islamique et d'autres combattants qui lui sont alliés.

Mme Pillay accuse notamment État islamique et ses alliés d'avoir procédé à un «nettoyage ethnique et religieux» des territoires qu'ils contrôlent, pour tenter de raffermir leur emprise sur les provinces du nord et de l'est du pays.

Mme Pillay a indiqué par voie de communiqué, lundi, que les crimes allégués incluent des assassinats ciblés, des conversions forcées, des enlèvements, de l'esclavage, des agressions sexuelles et des destructions de sites religieux et culturels importants, ainsi que l'assiègement de communautés entières pour des raisons ethniques, religieuses ou sectaires.

«Ils ciblent systématiquement les hommes, les femmes et les enfants en fonction de leur affiliation ethnique, religieuse ou sectaire, et ils procèdent à un nettoyage ethnique et religieux impitoyable dans les secteurs qu'ils contrôlent, a-t-elle dit. De telles persécutions correspondraient à des crimes contre l'humanité.»

Mme Pillay a évoqué les meurtres de centaines de Yézidis à Nineveh; l'enlèvement de 2500 personnes au début du mois d'août; et les meurtres et les enlèvements de centaines de Yézidis dans le village de Cotcho, dans le sud du Sinjar, le 15 août.

Elle a aussi évoqué le sort réservé à 13 000 türkmènes chiites, dont au moins 10 000 femmes et enfants, qui sont assiégés dans la ville d'Amirli depuis le 15 juin.

La mission onusienne en Irak a de plus confirmé le massacre de détenus à la prison Badoush de Mossoul, le 10 juin, a-t-elle dit. Vingt survivants et 16 témoins ont décrit comment des militants d'État islamique ont emporté entre 1000 et 1500 hommes vers un secteur isolé, à bord de camions. Des hommes armés auraient alors demandé aux chiites de se séparer du groupe.

Environ 670 prisonniers auraient ensuite été exécutés.

«De telles exécutions de sang-froid, systématiques et volontaires, de civils, après les avoir ciblés en raison de leur affiliation religieuse, peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité», a dit Mme Pillay.

Pour sa part, le nouveau premier ministre irakien Haider al-Abadi a profité de sa première conférence de presse, lundi, pour demander à toutes les milices du pays de se placer sous le contrôle du gouvernement.

Plusieurs milices chiites avaient répondu à l'appel de l'ancien premier ministre Nouri al-Maliki d'appuyer l'armée irakienne, après que d'importantes divisions aient fui État islamique à Mossoul en juin. Plusieurs tribus sunnites se sont aussi retournées contre les insurgés.

M. al-Abadi s'est dit confiant de réussir à former un nouveau gouvernement avant la date-butoir du 10 septembre.

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