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25/08/2014 05:44 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

En plus de la violence des milices, la Libye se retrouve avec deux Parlements

LE CAIRE, Égypte - L'ancien Parlement dominé par les islamistes en Libye s'est rassemblé, lundi, et a voté pour démanteler l'actuel gouvernement intérimaire.

La lutte de pouvoir souligne le chaos qui balaie la Libye depuis que des rebelles ont chassé le dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, avant de constituer des milices puissantes ayant échappé au contrôle des gouvernements successifs. Le pays se retrouve avec deux gouvernements et deux Parlements, accroissant les dissensions et créant une escalade de la tourmente politique.

En se manifestant à Tripoli, le Parlement dominé par les islamistes a défié le nouveau Parlement élu, qui était déjà contraint de se réunir dans l'est du pays en raison des affrontements persistants dans la capitale et dans la ville de Benghazi. Des milices islamistes ont tenté de cimenter leur pouvoir dans la capitale après avoir pris le contrôle de l'aéroport et avoir forcé des milices rivales à se retirer.

L'ancien Parlement mené par les islamistes a voté lundi à l'unanimité pour désigner un nouveau «gouvernement de salut national» dirigé par l'universitaire Omar al-Hassi. Cela est survenu alors que des milices islamistes ont affirmé avoir «libéré» toutes les installations à Tripoli, invitant les Nations unies et les diplomates étrangers à revenir.

Le nouveau Parlement élu a qualifié les membres de milices islamistes de terroristes, a écarté le chef d'état-major du pays en raison de ses liens allégués avec les islamistes et en a désigné un nouveau, qui a promis lundi de faire la guerre aux «terroristes».

Également lundi, le gouvernement intérimaire avait dépêché son ministre des Affaires étrangères en Égypte pour rencontrer les responsables de pays voisins pour discuter de manières de stopper la spirale de violence. La rencontre s'est conclue avec des appels au désarmement des milices et une opposition à une intervention militaire étrangère dans les affaires de la Libye.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shukri, a prévenu les parties présentes que la situation en Libye menaçait la région entière et d'autres parties du monde.

«Les développements en Libye ont eu un impact que nous avons ressenti sur la sécurité de pays voisins et la présence et le mouvement de groupes terroristes et extrémistes», a-t-il fait valoir.