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25/08/2014 07:27 EDT | Actualisé 25/08/2014 07:33 EDT

Remaniement ministériel en France: quels sont les ministres sur la sellette?

ASSOCIATED PRESS
French Justice Minister Christiane Taubira arrives at the Elysee Palace in Paris on Sunday Nov. 3, 2013, in Paris, France. for an emergency meeting with the French President Francois Hollande . Two French RFI journalists were abducted and killed Saturday after an interview with a rebel leader in the town of Kidal, northern Mali ,which remains under the de facto control of rebels despite the presence of French and U.N. troops. (AP Photo/Jacques Brinon)

De quelle ampleur sera le nouveau remaniement ministériel? Après la démission du gouvernement de Manuel Valls, et la reconduction de ce dernier à Matignon, l'une des questions est de savoir quels ministres vont être mis sur la touche. Car exfiltrer Arnaud Montebourg aurait pu se faire sans une telle démission collective. Ce fut ainsi le cas en juillet 2013, quand Delphine Batho a été congédiée.

Mais cette fois, la cause politique du remaniement laisse entendre que le changement sera plus large. En annonçant dans son communiqué que "la nouvelle équipe sera constituée en cohérence avec les orientations qu’il a lui-même définies pour notre pays", on comprend que l'Elysée ne souhaite conserver que les ministres d'accord avec le cap.

En filigrane, se posera aussi la question des contours de la future majorité que Manuel Valls devra trouver; celle-ci ne peut pas être trop étriquée, au risque de ne pas obtenir la confiance des parlementaires, lors d'un vote crucial qui aura lieu dans quelques jours. Le HuffPost fait le point sur celles et ceux que la ligne sociale-libérale réaffirmée par François Hollande et Manuel Valls pourrait rebuter.

Arnaud Montebourg, le frondeur en chef

C'est par lui que la crise est arrivée. En défiant publiquement le chef de l'Etat et le premier ministre via son interview au Monde puis le discours de Frangy-en-Bresse, le ministre de l'Economie a provoqué la démission de tout le gouvernement. Impossible dans ce contexte qu'Arnaud Monteboug conserve sa place dans l'équipe; ses coups de colère correspondent en effet exactement à ce que François Hollande et Manuel Valls ne veulent pas.

Benoît Hamon, "proche des frondeurs" et de la sortie

Il était le second ministre présent à Frangy-en-Bresse. Figure de l'aile gauche du PS, Benoît Hamon avait été promu au printemps à l'Education, justement pour cette raison, François Hollande espérant ainsi donner une caution à toute sa majorité. Depuis, il s'était consacré à la gestion de son ministère, parvenant à faire accepter la réforme des rythmes scolaires aux municipalités les plus récalcitrantes.

Mais dimanche, dans le Parisien, l'ancien porte-parole du PS a estimé qu'il n'était "pas loin des frondeurs". En clair, il réprouve lui aussi le cap décidé par le couple exécutif. Acceptera-t-il de se dédire pour assurer la rentrée scolaire prévue dans quelques jours seulement? Et dans ce cas, cela suffira-t-il? La réponse ne lui appartient plus totalement.

Aurélie Filippetti, la supportrice de Frangy

C'est un tweet que la ministre de la Culture va devoir assumer. Dimanche matin, alors qu'Arnaud Montebourg s'apprêtait à ouvrir la Fête de la Rose, Aurélie Filippetti a posté ce message:

Simple encouragement, ou véritable soutien politique? La ministre va devoir s'expliquer auprès de Manuel Valls qui a décidé de recevoir dans la journée tous les membres du gouvernement. Mais pour l'élue lorraine, les considérations économiques pourraient ne pas être les seules prises en compte. Sa reconduction en avril dernier avait déjà surpris dans les milieux culturels et sa gestion du conflit des intermittents n'a pas fait l'unanimité.

Christiane Taubira, l'amie poussée vers la sortie?

Plusieurs fois annoncée, la sortie du gouvernement de la ministre de la Justice n'est jusqu'à maintenant jamais intervenue. Lors du précédent remaniement, elle avait expliqué qu'elle souhaitait mener à bien sa réforme pénale. Mais celle-ci est désormais adoptée et les rumeurs qui annonçaient son départ une fois le texte voté vont reprendre de la vigueur.

D'autant plus qu'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon sont parmi les ministres dont elle est le plus proche et qu'en privé, elle a plusieurs fois émis des réserves sur la politique gouvernementale. Selon BFMTV, elle aurait même soutenu les deux ministres frondeurs, dimanche soir après le discours de Frangy.

Si la Garde des Sceaux réitère ces encouragements devant Manuel Valls qui la reçoit à la mi-journée, ses heures au gouvernement sont comptées.