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Les parisiens de "We are From LA" mènent la nouvelle "French touch" du vidéo clip

Les parisiens de "We are from L.A.", auteurs du clip du tube planétaire "Happy" de Pharrell Williams, sont les fers de lance d'une nouvelle "French touch" de réalisateurs prisés des plus grandes stars américaines.

Clément Durou et Pierre Dupaquier alias "We are from L.A.", en lice pour le meilleur clip de l'année au MTV Video Music Awards (VMA) dimanche, ont acquis une renommée internationale avec leur clip interactif de 24H, un record, pour "Happy".

Il met en scène une myriade de gens qui dansent partout dans Los Angeles.

Ils confirment ainsi le succès viral de leur publicité pour Evian qui avait fait le tour de la toile avec des bébés dansants.

Yoann Lemoine alias Woodkid, également musicien, fait aussi partie de cette nouvelle vague de réalisateurs français qui travaille avec les plus grands (Moby, Katy Perry, Taylor Swift, Drake, Rihanna, Lana del Rey ou John Legend) tout comme Romain Gavras, fils du cinéaste franco-grec Costa-Gavras.

Pour le réalisateur Alexandre Moors, qui a travaillé avec Jennifer Lopez et collabore régulièrement avec Kanye West et Beyoncé, "on ne peut pas vraiment parler de style français parce que tous les réalisateurs qui marchent en ce moment ont des styles très différents, mais c'est vrai qu'il y en a beaucoup qui explosent sur la scène internationale".

Il oppose ainsi Woodkid, connu pour ses images poétiques et sensuelles en noir et blanc, notamment pour "Blue Jeans" de Lana Del Rey, au réalisme de Romain Gavras avec des vidéos ultra-violentes comme pour "No Church in the wild" de Kanye West et Jay-Z ou des courses de voitures de saoudiens dans "Bad girls" de M.I.A.

Jonathan Lia, producteur d'Alexandre Moors, souligne que les Français ne sont évidemment pas les seuls à marcher à l'international.

Il y a aussi "plein de Scandinaves" même "s'il y a beaucoup de Français qui sont sortis du rang. C'est uniquement à cause de leur accent", plaisante-t-il. Plus sérieusement, il évoque "le goût, le sens de la mode" des Français.

Pour Moors, les Français tranchent par leur anticonformisme face aux grands noms américains du vidéo clip comme Hype Williams: "c'est léché, ils maîtrisent le montage, la lumière, mais ils font ce qu'on attend d'eux".

Il raconte ainsi que pour la tournée de Jay-Z et Beyoncé il a proposé des images de grandes fresques de la Renaissance, mais abimées. "Ca les a surpris, ça leur a plu".

"Ce qui a aussi favorisé l'émergence de ces réalisateurs, ce sont des musiciens qui ont eu envie de prendre des risques, de faire des choses différentes", remarque-t-il, donnant en exemple la collaboration de Bjork et de Michel Gondry, et celle de Spike Jonze et des Beastie Boys, et avant eux celle de Jean-Baptiste Mondino avec Madonna. C'est le seul français à avoir réalisé une vidéo couronnée du VMA du meilleur clip ("Boys of the Summer", 1985).

Alors que Romain Gavras s'est fait connaître grâce à son travail pour le duo d'électro Justice, très populaire aux Etats-Unis, Alexandre Moors observe que les musiciens d'électronique sont moins starisés que les rappeurs qui veulent toujours être montrés avec de grosses voitures, des seins", fait valoir Alexandre Moors.

"Aux Etats-Unis, c'est dur de trouver des labels (maisons de disques, NDLR) qui acceptent de prendre des risques. On te dit toujours on veut voir la star, il faut qu'elle soit belle", poursuit-il.

Interrogé par l'AFP, Michel Gondry souligne que les Français sont peut-être "plus indépendants face au star système".

Alexandre Moors raconte que le collectif Megaforce, qui a travaillé avec Madonna sur "Give me all your luvin'", s'est fait connaître avec une vidéo "complètement bizarre" pour Kid Cudi sur "The pursuit of happiness".

"Kid Cudi n'en a pas voulu mais ils l'ont mise sur l'internet quand même et les gens l'ont adorée. Du coup Kid Cudi l'a reprise. Ils ont pris un risque et ça a payé".

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