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Le +spin-off+, rejeton naturel de la série télévisée américaine

Saul, l'avocat de "Breaking Bad", va retrouver le petit écran mais cette fois-ci en vedette, dans "Better Call Saul" : très attendue, la série est un +spin-off+ -- une série dérivée d'une autre -- comme la télévision américaine en fabrique depuis 50 ans.

"C'est sans doute l'un des nouveaux programmes les plus attendus de 2015", dit à l'AFP Michael Schneider, rédacteur en chef du magazine TV Guide, en évoquant la série que commencera à diffuser AMC en février prochain.

Selon la chaîne, "Better Call Saul" racontera en dix épisodes -- suivis de 13 d'une deuxième saison déjà annoncée -- la "transformation" du petit avocat Jimmy McGill en Saul Goodman, anticipant ainsi les événements racontés dans "Breaking Bad".

Cette dernière est à nouveau en compétition pour l'Emmy de la meilleure série dramatique, lundi à Hollywood.

Ni tout à fait nouvelle, ni tout à fait déjà connue, l'histoire de Saul Goodman est un "programme qui se bâtit autour d'un élément tiré d'un programme précédent", avec un lien plus ou moins ténu, dit à l'AFP Tim Brooks, historien de la télévision américaine.

Le "Andy Griffith Show", la première série dérivée à succès datant des années 1960, reprenait ainsi un personnage qui n'apparaissait qu'une fois dans le "Danny Thomas Show", dit ce co-auteur d'un répertoire des séries américaines.

Comme Robin Williams, dont la mort le 11 août a ému le monde, n'avait fait qu'un seul passage, mais triomphal, en 1978 dans "Happy Days - Les Jours heureux" avant de prendre la vedette de "Mork and Mindy".

Au contraire, dans les années 1990, "Frasier", un des +spin-offs+ les plus acclamés de l'histoire télévisuelle du pays, reprenait un personnage récurrent et adoré du public de "Cheers".

En 50 ans, cette industrie a produit ou mis en chantier des centaines de ces séries, comme "Knots Landing" après "Dallas", "Private Practice" après "Grey's Anatomy", "Melrose Place" après "Beverly Hills, 90210".

Certaines ont été de gros succès, quelquefois surpassant la matrice, d'autres des flops retentissants.

La série "NCIS" est l'exemple même d'un succès ininterrompu. Issus de "JAG", "NCIS" et ses enquêteurs ont produit depuis 2003 leurs propres rejetons télévisés avec "NCIS : Los Angeles" et, à paraître en septembre, "NCIS : New Orleans".

Comme pour "New York, police judiciaire" ou "Les Experts" ("CSI"), la "formule de prendre des enquêteurs, leurs méthodes et les transplanter dans une autre ville, est quasiment une garantie de succès", dit M. Brooks. Un épisode "crossover" assure la jonction et le tour est joué.

En revanche, des flops à priori inconcevables ont suivi des triomphes.

"Joey", qui reprenait un personnage de la bande de "Friends", a vécu deux saisons : "Les gens en attendaient beaucoup, le pilote était d'ailleurs assez bon, mais finalement, ce n'était pas +Friends+", dit Michael Schneider.

"AfterMASH", qui suivait en 1983 "MASH" - le quotidien de médecins militaires en Corée --, un des plus gros succès de la télévision, en a été aussi un des "flops les plus spectaculaires", dit M. Brooks. "Ce vrai navet", arrêté dans sa seconde saison, "n'était qu'une tentative flagrante de capitaliser sur le nom de la série originale", dit-il.

"Il n'y a pas de formule magique" du succès, dit l'historien, mais "quand même, quelques principes. Évidemment une bonne écriture, et des bons personnages, avec une tension entre eux, des contrastes".

"Le secret, c'est de ne pas essayer trop fort de remplacer ce qui est fini", même s'il est plus facile de jouer de la familiarité du public, ajoute M. Schneider, il faut "que le programme ait sa propre personnalité".

Copier "peut empêcher l'émergence d'une nouvelle voix à la télévision", regrette-t-il, "mais c'est un business. La plupart du temps, les chaînes et les producteurs pensent qu'ils pourront faire plus d'argent".

La voix de l'avocat Saul Goodman sera certainement différente, avec plus d'humour, de celle de Walter White, le petit prof de chimie devenu baron de la drogue, dit le patron de TV Guide. "Mais personne n'attend que ce soit aussi bon que +Breaking Bad+. La foudre ne frappe pas deux fois au même endroit".

ff/rap/abl

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