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Des milliers de manifestants à New York après la mort d'un père de famille noir

Aux cris de "pas de justice, pas de paix", des milliers de personnes ont manifesté samedi à Staten Island à New York, pour protester contre la mort d'Eric Garner, un père de famille noir décédé le mois dernier après son interpellation par la police.

De nombreuses pancartes l'associaient à Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans, tué par balles par un policier blanc le 9 août à Ferguson (Missouri).

Soupçonné de vente illégale de cigarettes, Eric Garner, qui avait tenté de résister, avait été plaqué au sol par plusieurs policiers blancs le 17 juillet à New York. Dans une vidéo amateur, on voit l'un d'eux lui serrer le cou. Obèse et asthmatique, Garner, 43 ans, père de six enfants, se plaint à plusieurs reprises de ne pas pouvoir respirer. Il avait ensuite perdu connaissance et été déclaré mort à l'hôpital.

"Je ne peux pas respirer", scandaient samedi les manifestants, venus par autobus et ferry à Staten Island, un arrondissement de New York.

"La vie des Noirs compte", pouvait-on lire sur des pancartes, alors que d'autres réclamaient "justice" pour Eric Garner et Michael Brown, et demandaient l'arrestation de Daniel Pantaleo, le policier ayant compressé le cou de Garner.

La manifestation avait lieu notamment à l'appel du NAN (National Action Network), organisation du leader des droits civiques Al Sharpton. Le pasteur noir y était accompagné par la veuve d'Eric Garner et plusieurs de ses enfants.

"Ils ne pleureront pas seuls", a-t-il déclaré.

Les manifestants, parfois venus en famille, ont également largement repris les slogans entendus lors des émeutes de Ferguson ces derniers jours, "les mains en l'air, ne tirez pas".

Ils ont défilé pacifiquement de l'endroit où Garner avait été plaqué au sol, jusqu'aux bureaux du procureur de Staten Island.

"Je veux la justice pour mon cousin", a déclaré l'un des manifestants à l'AFP.

"La police est supposée nous protéger. Et ils nous tuent? Pourquoi ? Parce que nous sommes noirs ? Il n'avait rien fait, il n'avait rien sur lui", s'est-il insurgé.

La mort de Garner a suscité une intense émotion à New York, et plusieurs manifestations pacifiques y avaient déjà eu lieu ces dernières semaines.

"J'ai trois fils de 15, 12 et 6 ans, je suis là pour que le monde voie ce qui se passe ici", déclare à l'AFP Tricia Mackmenbourgh, venue de Brooklyn. Elle dénonce la "brutalité policière" de "mauvais policiers qui ne font pas leur travail".

"Cela arrive tout le temps dans notre communauté", accuse-t-elle. "Tout le monde a le droit de se sentir en sécurité", ajoute-t-elle, estimant qu'il faut aussi revoir la politique de la "fenêtre cassée", qui vise à New-York à être sans pitié avec les auteurs de petits délits, pour prévenir des délits plus graves.

Les autorités new-yorkaises avaient tout fait pour calmer le jeu avant la manifestation, surveillée par de très importantes forces de police.

Al Sharpton avait répété à plusieurs reprises qu'il ne tolérerait aucune violence.

Certains magasins le long du cortège avaient cependant préféré fermer, redoutant des incidents.

Mardi, le procureur de Staten Island Dan Donovan avait annoncé la convocation - en octobre - d'un grand jury, assemblée populaire chargée de décider d'éventuelles inculpations.

Le policier qu'on voit serrer le cou de Garner, pratique illégale, a été simplement réaffecté.

Al Sharpton et la famille d'Eric Garner ont demandé, en vain jusqu'à présent, une enquête fédérale.

bd/chv

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