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Bahreïn: manifestation contre la naturalisation d'étrangers sunnites

Des milliers de personnes ont manifesté samedi près de Manama contre ce qu'elles considèrent comme une tentative des autorités bahreïnies d'influencer l'équilibre démographique et religieux du royaume en naturalisant des étrangers sunnites, ont rapporté des témoins.

L'opposition chiite accuse les autorités sunnites de Bahreïn d'avoir naturalisé des dizaines de milliers d'étrangers sunnites dans ce royaume à majorité chiite au cours des dernières années.

"Les habitants autochtones de Bahreïn sont en danger", proclamaient des bannières tenues par les manifestants qui, drapeaux bahreïnis en main, ont défilé près du village chiite de Daih, selon des témoins.

Malgré une forte présence policière, aucun affrontement n'a été rapporté.

Dans un communiqué lu à la fin de la manifestation, l'opposition a accusé les autorités de "suivre une politique destructrice dont le but est de remplacer les autochtones par des partisans du régime".

"La naturalisation représente une menace pour la sécurité et la stabilité de Bahreïn", ont ajouté les manifestants.

Cette marche s'est produite deux jours après que Human Watch Rights (HRW) a annoncé que dix chiites bahreïnis, déchus de leur nationalité, risquaient l'expulsion ou la prison.

HRW a appelé le royaume à revoir la législation permettant de retirer leur nationalité à des dissidents "pour des considérations aussi vagues qu'arbitraires".

Début août, neuf autres chiites bahreïnis avaient perdu leur nationalité pour avoir été reconnus coupables d'"actes terroristes".

Manama a adopté l'an dernier une loi prévoyant la révocation de la nationalité des personnes reconnues coupables de "terrorisme".

Des dizaines de chiites ont été condamnés ces derniers mois à de lourdes peines de prison pour implication dans les violences accompagnant les manifestations hostiles au régime à Bahreïn.

Ce petit pays du Golfe, dirigé par la dynastie sunnite des Al-Khalifa, est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation animé par la majorité chiite.

Face à la poursuite de ce mouvement, le pouvoir a alourdi l'an dernier les peines pour les auteurs de violences et introduit la peine de mort ou la prison à perpétuité en cas de morts ou de blessés.

bur/lyn/emb/sw

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