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A quelques jours des Emmy's, Netflix confirme l'essor de la télévision en ligne

Grâce à des séries comme "House of cards" et "Orange is the new black", en compétition lors des Emmy's qui seront décernés lundi à Los Angeles, Netflix a confirmé la puissance de la télévision sur internet, qui fait des envieux du côté de Microsoft, Amazon et Hulu.

La plateforme américaine est en lice dans les principales catégories des Emmy's, en particulier celle de meilleure série télévisée dramatique avec "House of cards", dans les coulisses du monde politique à Washington, et celle de meilleure comédie avec "Orange is the new black", qui raconte les aventures de femmes en prison.

Netflix a su tirer profit de la popularité internationale acquise l'an dernier lorsqu'elle a été la première plateforme internet à concourir pour les Emmy's, les récompenses de la télévision américaine. Elle s'est ouvert par là-même les portes de l'Europe et de l'Amérique latine, pour compter désormais plus de 50 millions de clients.

"Sa puissance vient avant tout de sa base d'abonnés, qui paient 10 dollars par mois" pour ce service en ligne, a expliqué à l'AFP John Taplin, professeur spécialisé dans le divertissement numérique à l'université USC.

"C'est une somme d'argent gigantesque" que cette entreprise "peut dépenser dans la programmation, acheter ou créer de nouveaux contenus", a-t-il poursuivi.

Netflix, créé en 2007 en Californie (ouest des Etats-Unis), a plus que doublé son bénéfice net en un an à 71 millions de dollars au deuxième trimestre cette année.

Outre ses propres séries originales, le site offre également des dizaines de programmes et de films grâce aux accords conclus avec les studios de production les plus importants des Etats-Unis.

Ainsi, les abonnés peuvent voir, entre autres, les séries "Breaking bad", "How I met your mother", "New York Police judiciaire" et "Desperate housewives".

Le succès de Netflix s'explique également par les nouvelles habitudes de consommation, avec un public plus jeune qui réclame davantage de flexibilité et un accès plus diversifié à ses programmes favoris, en particulier sur les tablettes et les smartphones.

Au lieu de distiller un épisode par semaine, le site a ainsi diffusé d'un coup les saisons complètes de "House of cards" et "Orange is the new black", ce qui a séduit de nombreux internautes.

Une stratégie que le site de commerce en ligne Amazon tente d'imiter en offrant à ses abonnés du service Prime des séries originales comme "Alpha house" et "Betas".

"Amazon a rencontré de nombreux déboires au début", a souligné le professeur Taplin. "Ils ont changé leur fusil d'épaule et ont embauché quelqu'un qui a fait de la télévision auparavant".

La société américaine travaille sur six nouveaux projets originaux, dont l'un qui mettra en vedette l'acteur mexicain Gael Garcia Bernal, pour un montant total flirtant avec les 100 millions de dollars.

L'Américain Hulu marche aussi sur les traces de Netflix avec une souscription mensuelle et une campagne publicitaire de grande ampleur qui lui a permis de percer dans ce secteur.

Sa série originale sur des adolescents d'origine latino "East Los High" lui a ouvert les portes du vaste marché hispanique aux Etats-Unis.

De son côté, Microsoft a bien l'intention de produire ses propres programmes pour sa console Xbox One, dont "Halo" qui sera produit par le réalisateur Steven Spielberg.

"Les jeux font partie de notre ADN au moins depuis ces quinze dernières années et créer du contenu pour la télévision était la prochaine étape logique de notre évolution", a commenté il y a quelques mois Jordan Levin, vice-président exécutif de Xbox entertainment studios.

Yahoo! se lance à son tour et souhaite produire quatre séries avec un format qui s'apparente davantage à celui de YouTube, avec des contenus plus courts.

"Je ne pense pas que (Yahoo!) va devenir un rival, mais ce qui va se passer c'est que dans les cinq prochaines années, le nombre de chaînes de divertissement par câble va diminuer au profit d'une télévision qui va s'adapter à la demande du public", a estimé M. Taplin.

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