POLITIQUE
21/08/2014 09:56 EDT | Actualisé 21/08/2014 09:57 EDT

Régimes de retraite : le ton monte entre le président de la Fraternité des policiers et le ministre Moreau

Radio-Canada

Le ton a monté d'un cran à la commission parlementaire sur le projet de réforme des régimes de retraite. « On se demande ce que l'on fait ici », a lancé le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal.

Yves Francoeur en avait long à dire au ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, lorsqu'il s'est présenté pour déposer son mémoire.

« Le projet de loi oblige la modification de tous les régimes de retraite municipaux et d'en assainir les finances. Or, la caisse de retraite des policiers de Montréal est capitalisée à 106 % et est mieux gérée que toutes celles gérées par les villes », a-t-il souligné avec insistance.

Le président de la Fraternité a également ironisé en disant que le projet de loi 3 du gouvernement devrait être rebaptisé « Loi pour permettre aux municipalités de faire des économies sur le dos des travailleurs ». M. Francoeur a complété en lançant : « on emballe le tout dans un déni de notre droit de négociation ».

Le ministre des Affaires municipales a répliqué avec vigueur au président de la Fraternité des policiers en faisant notamment de multiples allusions à des propos tenus plus tôt par ce dernier lors d'une entrevue radio : « Je souhaite avoir des discussions ouvertes et constructives avec vous et non pas avoir des menaces de perturbations sociales, ce n'est pas comme ça que l'on fonctionne en démocratie. »

« J'estime que quand on est un représentant de l'autorité, et plus particulièrement quand on est un leader représentant l'autorité », a poursuivi le ministre, « on ne doit pas suggérer qu'il y ait des perturbations sociales. C'est non conforme au serment que vous avez prêté, c'est en deçà des attentes qu'une société démocratique doit attendre de ses leaders, particulièrement lorsqu'ils sont investis de l'autorité de conserver la paix. »

Un problème de recrutement

Pour les policiers de Montréal, soutient leur chef syndical, revoir leur régime de retraite pour en assainir les finances entraînerait une diminution de leurs salaires, ce qui accentuerait le problème de recrutement au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« Les conditions de travail seront meilleures ailleurs où la job est moins risquée. C'est un problème que l'on vit déjà depuis un an », mentionne M. Francoeur.

Le président de la Fraternité a finalement conclu que ses 4600 membres sont prêts à faire des efforts, mais qu'ils n'entendent pas consentir au saccage de leurs conditions de travail.

M. Francoeur avait préalablement rappelé les conditions difficiles dans lesquelles les policiers ont exercé leur métier ces dernières années, ajoutant qu'à Montréal, un quart des effectifs détient un diplôme universitaire.

Un droit de retrait pour certaines municipalités

Le président de la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ), Denis Côté, a rejeté pour sa part certaines dispositions du projet de loi, mais il est arrivé au salon rouge avec une série de propositions.

Parmi celles-ci, M. Côté suggère de consentir un droit de retrait aux municipalités dont les caisses de retraite sont en bonne santé.

« Il s'agit là de propositions plus que raisonnables en comparaison à la situation et au projet de loi qui lui, ne l'est pas », a souligné M. Côté après la présentation de son mémoire.

La Fédération estime elle aussi que le projet du ministre Moreau ne fait pas de distinction entre les régimes en bonne santé financière et ceux qui sont en difficulté. « On impose une solution mûr-à-mûr à l'ensemble des régimes municipaux. On vous propose une solution pour négocier le déficit d'expérience. Nous avons une ouverture », a indiqué M. Côté.

Une réponse « draconienne »

Plus tôt dans la journée, François Rosa, du Regroupement des associations de pompiers du Québec (RAPQ), avait plaidé que le projet de loi du gouvernement Couillard était une réponse radicale, « draconienne », à des fluctuations normales des rendements des fonds de pension.

Ronald Martin, aussi du RAPQ, a également fait valoir que si les pompiers bénéficient d'un fonds de pension aussi généreux, c'est parce qu'ils ont consenti dans le passé à avoir un salaire moindre.

M. Martin rejetait du même coup l'argument avancé hier par le maire Labeaume selon lequel les employés municipaux sont mieux rémunérés que les employés de la fonction publique provinciale. Selon lui, la comparaison ne tient pas pour les pompiers, puisqu'il n'y a pas de corps de pompiers à l'échelle provinciale.

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