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20/08/2014 07:07 EDT | Actualisé 20/10/2014 05:12 EDT

Ukraine: l'armée tente d'isoler les rebelles, 34 civils tués dans la région de Donetsk

L'armée ukrainienne cherchait mercredi à couper de la frontière russe les territoires de l'est du pays contrôlés par les rebelles, où les combats ont tué au moins 34 civils dans la seule région de Donetsk.

"Les principaux efforts des forces ukrainiennes se concentrent sur l'isolation des zones (sous contrôle rebelle) pour empêcher l'invasion de groupes armés illégaux et de groupes de reconnaissance et de sabotage depuis la Russie", a indiqué l'état major de l'opération militaire menée par Kiev dans l'Est.

Cette réorientation stratégique fait suite à l'annonce lundi par le président ukrainien Petro Porochenko d'un changement dans sa tactique militaire pour le conflit dans l'Est. Les forces gouvernementales doivent désormais "se regrouper" avant une nouvelle offensive destinée à couper les rebelles de leur accès à la frontière russe, dont ils contrôlent encore une partie.

Kiev et les Occidentaux accusent en effet Moscou de faire transiter par la frontière équipement militaire et combattants qui viennent renforcer les rangs des insurgés prorusses.

M. Porochenko a ainsi confirmé lundi les informations données par un dirigeant séparatistes selon lesquelles les rebelles avaient reçu 1.200 hommes bien entraînés ainsi que des chars et d'autres blindés arrivant "au moment le plus crucial", alors que leurs bastions sont encerclés et assiégés. Moscou a démenti ces allégations.

Les forces gouvernementales ont déjà tenté à plusieurs reprises par le passé de reprendre le contrôle de leur poreuse frontière, jusqu'ici sans succès.

- Makiïvka de nouveau bombardé -

Dans la région de Donetsk, bastion prorusse assiégé par l'armée ukrainienne, 34 civils ont été tués en 24 heures et 29 autres blessés, selon les chiffres de l'administration régionale.

Dans les zones de combat (régions de Donetsk et de Lougansk), l'armée a annoncé au total neuf morts et 22 blessés dans ses rangs en 24 heures.

Dans Donetsk même, l'eau courante était en passe d'être rétablie après deux jours de pénurie suite à l'endommagement d'une ligne électrique approvisionnant la principale usine d'assainissement.

Les équipes de maintenance "ne sont parvenues qu'aujourd'hui à identifier les dommages et à rétablir la ligne", dont l'accès était jusque-là impossible en raison des combats, a indiqué la municipalité.

Un témoin interrogé par l'AFP a indiqué que l'eau avait effectivement été rétablie à Makiïvka, ville jouxtant Donetsk, théâtre d'intenses bombardements depuis lundi.

"Les tirs ont commencé à 05H30 ce matin. J'ai mis mes chaussures et je me suis dirigée vers la porte quand j'ai été projetée par le souffle de l'explosion", témoigne Maria, 81 ans.

"Ici, on ne voit aucune aide arriver, personne ne s'inquiète des gens ici. Il y a des enfants...", lance à son tour Nikolaï.

A Donetsk même, les habitants se déplaçaient encore avec de grands bidons d'eau dans les rues quasi désertes de la ville malgré les annonces de la mairie, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des bombardements ont de nouveau été entendus dans les faubourgs de la ville mercredi matin.

Des combats avaient également lieu pour le contrôle de la localité d'Ilovaïsk, ville de 16.000 habitants située à 29 kilomètres à l'est de Donetsk, dont l'armée ukrainienne a repris la plus grande partie aux insurgés, selon un communiqué de la Garde nationale.

Les forces gouvernementales ont resserré ces derniers jours leur étau autour des fiefs insurgés. A Lougansk, les combats ont fait rage toute la nuit, selon la municipalité. L'eau, l'électricité et le réseau téléphonique sont coupés depuis plus de deux semaines.

- Le convoi russe immobile -

Sur le front diplomatique, le Kremlin a annoncé mardi que le président russe Vladimir Poutine se rendrait le 26 août à Minsk pour un sommet régional, où seront présents le président ukrainien Petro Porochenko et des dirigeants de l'Union européenne, sans toutefois préciser si un entretien entre les deux hommes étaient prévu.

La chancelière allemande Angela Merkel se rendra pour sa part samedi en Ukraine pour des discussions avec le président Porochenko et le Premier ministre Arseni Iatseniouk à Kiev.

Le convoi humanitaire de Moscou destiné aux populations de l'Est victimes des combats était lui bloqué côté russe de la frontière pour la septième journée consécutive.

Les autorités ukrainiennes n'ont toujours pas commencé l'inspection des camions sous les auspices de la Croix-Rouge, arguant de l'absence de garanties de sécurité pour son acheminement sur le territoire contrôlé par les rebelles en Ukraine.

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