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20/08/2014 04:43 EDT | Actualisé 19/10/2014 05:12 EDT

RDC: nouvelle frontière pour protéger le parc des Virunga

Une nouvelle frontière a été délimitée dans le parc des Virunga, dans l'est de la République démocratique du Congo, pour protéger cette réserve naturelle classée au patrimoine mondial contre l'extension de l'agriculture illégale.

Dans le domaine de chasse de Kahunga, "l'opération de zonage" a permis de séparer "la zone de protection intégrale du parc des Virunga de la zone à usages multiples" qui sera gérée par les autorités locales, indique dans un communiqué reçu mercredi par l'AFP Olivier Mukisya, porte-parole de l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

Cette délimitation est une première étape du processus de zonage, qui a commencé il y a deux ans dans la province du Nord-Kivu. La nouvelle frontière est pour l'heure matérialisée par un large sillon de terre retournée avant la "construction d'une clôture électrique", poursuit M. Mukisya.

Cette clôture doit "éviter la déprédation des cultures par la faune sauvage (les éléphants) d'une part" et empêcher que les agriculteurs ouvrent "des nouveaux champs dans le parc d'autre part", précise-t-il.

Mi-juillet, l'ICCN avait dénoncé le fait que certains agriculteurs ouvrent de "nouveaux champs" et détruisent "systématiquement la forêt pour fabriquer le charbon de bois", et ce "en violation des résolutions prises" lors d'une médiation menée par des élus locaux en 2013.

Classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le parc national des Virunga s'étend sur près de 800.000 hectares à la frontière avec l'Ouganda et la Rwanda.

Créé en 1925 sous la colonisation belge, il offre une diversité de paysages exceptionnelle (volcans, forêt dense, grands lacs...) et abrite plusieurs espèces menacées, comme les gorilles de montagne.

Abîmé par la déforestation, le braconnage et les combats dans cette zone ou sévissent encore de nombreux groupes armés, le parc est classé patrimoine en péril depuis 1994 et voit son avenir encore plus menacé depuis que le gouvernement soupçonne sa partie sud de receler du pétrole.

La pression démographique est également un grand problème et des chefs coutumiers de la région de Beni (nord du Nord-Kivu) contestent régulièrement le tracé des limites de la réserve, réclamant de pouvoir installer des gens sur des terres qu'ils revendiquent à l'intérieur du parc.

hab/mbb/tmo