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20/08/2014 08:12 EDT | Actualisé 20/10/2014 05:12 EDT

L'épidémie de virus d'Ebola a fait 1350 morts, dit l'OMS

MONROVIA, Libéria - L'épidémie de virus d'Ebola qui défèrle sur l'Afrique de l'Ouest a maintenant fait 1350 morts, a annoncé mercredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L'agence onusienne fait aussi état de plus de 2000 malades en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone et au Nigeria.

Les forces de l'ordre libériennes ont d'ailleurs bouclé mercredi un bidonville de la capitale, Monrovia, dans le cadre des efforts du gouvernement pour freiner la propagation de l'épidémie.

Le Libéria présente le taux de mortalité le plus élevé des quatre pays africains touchés par l'épidémie, et c'est aussi à cet endroit que le nombre d'infections augmente le plus rapidement.

La présidente Ellen Sirleaf Johnson a imposé la quarantaine et un couvre-feu nocturne à compter de mercredi, expliquant que le gouvernement est incapable de ralentir la propagation du virus puisque la population fait fi de ses recommandations.

Les voitures se faisaient rares dans les rues de la capitale, mercredi. Mme Johnson a aussi imposé une quarantaine à Dolo Town, à 50 kilomètres au sud de Monrovia, et ordonné la fermeture de lieux publics comme les salles de cinéma et les boîtes de nuit.

Le virus se transmet par contact avec les fluides corporels d'une personne infectée, mais certains malades sont toujours soignés à la maison et des pratiques funéraires qui impliquent une manipulation de la dépouille ont toujours cours.

On ne dispose d'aucun traitement éprouvé contre l'Ebola, et les travailleurs sanitaires ne peuvent qu'isoler les personnes malades.

Le week-end dernier, un centre de traitement du bidonville de West Point, à Monrovia, a été attaqué et pillé par des résidants en colère. Des draps et des matelas souillés de sang, et possiblement infectés, ont alors été emportés, et les autorités craignent que le virus ne commence à se propager parmi les résidants de l'endroit.

Mercredi, des soldats armés et des policiers antiémeute ont commencé à interdire à qui que ce soit d'entrer ou de sortir du bidonville. Un navire de la garde-côtière patrouillait aussi apparemment à proximité.

Les policiers ont érigé des barricades de bois et de barbelés pour contrôler l'accès à cette péninsule longue de 1 kilomètre et sur laquelle s'entassent quelque 50 000 personnes. Des témoins affirment qu'ils ont également tiré des coups de semonce quand des foules en colère ont commencé à se rassembler. Certains résidants se plaignent d'être coincés à l'extérieur du bidonville, sans moyen de se rendre jusque chez eux.

Le bidonville de West Point compte parmi les secteur les quartiers les plus pauvres et les plus densément peuplés de Monrovia. Les infrastructures d'hygiène y sont pratiquement inexistantes et la défécation publique y est un grave problème.

Ailleurs dans la capitale, des cadavres pourrissent au soleil, dans la rue, pendant plusieurs jours avant d'être finalement ramassés par les autorités, et ce même si leur présence est signalée par les résidants.

L'OMS a indiqué que la situation semble commencer à s'améliorer en Guinée, mais que l'épidémie fait toujours des ravages au Libéria et en Sierra Leone.