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20/08/2014 07:36 EDT | Actualisé 20/10/2014 05:12 EDT

L'Afghanistan ordonne l'expulsion du correspondant du NY Times

Scott Olson via Getty Images
KANDAHAR, AFGHANISTAN - MARCH 06: A Kiowa Warrior helicopter flies above soldiers with 4th Squadron 2d Cavalry Regiment during a live-fire exercise in the desert on March 6, 2014 near Kandahar, Afghanistan. President Obama recently ordered the Pentagon to begin contingency planning for a pullout from Afghanistan by the end of 2014 if Afghanistan President Hamid Karzai or his successor refuses to sign the Bilateral Security Agreement. (Photo by Scott Olson/Getty Images)

Les autorités afghanes ont ordonné mercredi l'expulsion d'un correspondant du New York Times après la parution d'un article sur la menace de responsables locaux de prendre le pouvoir pour mettre fin à la crise électorale.

Les autorités afghanes avaient interdit mardi à Matthew Rosenberg, correspondant depuis trois ans à Kaboul pour le prestigieux quotidien américain, de quitter le territoire après la publication de cet article sur la présidentielle afghane.

Le New York Times et le département d'Etat américain avaient dénoncé cette décision que les autorités ont en quelque sorte inversée mercredi en ordonnant l'expulsion dans les 24 heures du journaliste.

"Cette décision a été prise après que le procureur général eut pris connaissance de l'article sur l'impasse électorale et la suggestion d'un gouvernement intérimaire, sur la base de sources gouvernementales anonymes", a indiqué mercredi le bureau du procureur dans un communiqué.

L'Afghanistan est politiquement paralysé depuis le premier tour de la présidentielle d'avril, suivi par un second tour en juin qui n'a pas permis de départager hors de tout doute les rivaux Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani.

MM. Abdullah et Ghani ont signé début août, sous le regard du secrétaire d'Etat américain John Kerry, un accord pour former un gouvernement d'unité nationale quel que soit le vainqueur de la présidentielle.

Les deux rivaux se sont aussi engagés à accepter les résultats du scrutin après l'examen en cours des 8,1 millions de bulletins de vote. Mais cet audit complexe avance à pas de tortue et les risques de désaccord entre les deux rivaux persistent.

Or, M. Rosenberg avait rédigé un article, paru mardi, dans lequel il affirmait que de "puissantes personnalités gouvernementales" dotées de liens avec l'appareil sécuritaire "menaçaient" de former un "gouvernement intérimaire" si le pays ne parvenait pas à sortir rapidement de la crise politique.

"Depuis le début de l'élection, le New York Times a publié de nombreux articles du même genre sur la foi (de propos) de responsables gouvernementaux requérant l'anonymat", a souligné le bureau du procureur pour expliquer l'expulsion.

Selon le Times, Matthew Rosenberg, 40 ans, avait été convoqué mardi par un responsable afin qu'il révèle l'identité de ses sources, ce qu'il avait refusé de faire.

Interrogé par l'AFP, M. Rosenberg a répondu que les autorités n'avaient pas encore informé le journal "au sujet d'un ordre de partir".

"Ils envoient des communiqués aux médias, ce qui pour nous revient à amuser la galerie. A aucun moment, ils n'ont dit que nous avions violé la loi", a-t-il dit.

"C'est une affaire politique, et le procureur général fait le boulot du gouvernement", a-t-il également assuré.

"La liberté de la presse a été l'une des grandes réussites des 12 dernières années, c'est donc un peu consternant", a conclu le journaliste.

Selon ce dernier, le quotidien est actuellement en train de solliciter des conseils juridiques et n'a pas encore pris de décision sur son départ prochain ou non d'Afghanistan.

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