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20/08/2014 05:49 EDT | Actualisé 20/10/2014 05:12 EDT

François Hollande va proposer une conférence sur la sécurité en Irak

Le président français François Hollande proposera "prochainement" une conférence sur la sécurité en Irak et la lutte contre l'Etat islamique, estimant que la situation internationale est "la plus grave" depuis 2001, dans un entretien mercredi au journal Le Monde.

"Nous devons envisager une stratégie globale contre ce groupe qui s'est structuré, qui dispose de financements importants et d'armes très sophistiquées, et qui menace des pays comme l'Irak, la Syrie ou le Liban", estime le chef de l'Etat.

"Je proposerai donc prochainement à nos partenaires une conférence sur la sécurité en Irak et la lutte contre l'Etat islamique", poursuit-il. "Nous devons faire face, non pas à un mouvement terroriste comme Al-Qaïda, mais à un quasi-Etat terroriste, l'Etat islamique. Nous ne pouvons plus nous en tenir au traditionnel débat, intervention ou non-intervention", ajoute M. Hollande.

Selon le texte de l'entretien diffusé plus tôt par la présidence française, légèrement différent de la version mise en ligne par le journal, le chef de l'Etat évoquait "dès septembre" une "initiative" sur la sécurité en Irak et la lutte contre l'Etat islamique (EI).

La France a annoncé la semaine dernière la livraison d'"armes sophistiquées" aux Kurdes irakiens qui font rempart aux jihadistes de l'Etat islamique en Irak.

Interrogé sur un risque d'accélération de marche vers l'indépendance des Kurdes à cette occasion, François Hollande affirme avoir "veillé à ce que ces livraisons se fassent en plein accord avec les autorités de Bagdad pour qu'il n'y ait aucun doute sur l'utilisation de ces moyens et que le cadre demeure celui de l'unité de l'Irak".

Répondant à une question sur un supposé "manque d'autorité" du président américain Barack Obama dans l'est de l'Europe et au Proche-Orient, le chef de l'Etat français déclare qu'on s'est "longtemps (...) plaint de l'hyperpuissance américaine et de son interventionnisme multiple. Nous serions mal placés pour reprocher à Barack Obama une trop grande timidité".

"Mais je considère que la situation internationale est la plus grave que nous ayons connue depuis 2001. Le monde doit en prendre toute la mesure", ajoute-t-il.

Le chef de l'Etat français estime notamment que la "communauté internationale porte une responsabilité très grave dans ce ce qui passe en Syrie".

"Si, il y a deux ans, il y avait eu une action pour installer une transition, nous n'aurions pas eu l'Etat islamique. Si, il y a un an, il y avait eu une réaction des grandes puissances à la hauteur de l'utilisation (par le président Bachar al-Assad) des armes chimiques, nous n'aurions pas été face à ce choix terrible entre un dictateur et un groupe terroriste, quand les rebelles méritent tout notre soutien", poursuit le chef de l'Etat français.

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