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20/08/2014 04:26 EDT | Actualisé 20/10/2014 05:12 EDT

Ferguson: le ministre de la Justice attendu après une nuit plutôt calme

ASSOCIATED PRESS
People are moved by a line of police as authorities disperse a protest in Ferguson, Mo. early Wednesday, Aug. 20, 2014. On Saturday, Aug. 9, 2014, a white police officer fatally shot Michael Brown, an unarmed black teenager, in the St. Louis suburb. (AP Photo/Charlie Riedel)

Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, est en visite mercredi à Ferguson, petite ville du Missouri qui a connu sa première nuit globalement calme après avoir été secouée pendant dix jours par des émeutes raciales.

La police a tout de même annoncé mercredi avoir procédé à 47 arrestations dans la nuit, dix jours après qu'un jeune Noir non armé a été abattu par un policier blanc dans des circonstances très controversées.

M. Holder, lui-même d'origine afro-américaine, se rend dans cette ville du centre des Etats-Unis à la demande du président Barack Obama. Il a fait la "promesse" mardi que l'enquête "serait complète, équitable, et indépendante", tout en précisant qu'elle "prendrait du temps".

"Pour commencer le processus de réconciliation, les actes de violence doivent avant tout cesser dans les rues de Ferguson", a-t-il plaidé, estimant que les actes d'une minorité d'individus étrangers à Ferguson "affectent gravement, plutôt qu'ils ne la font avancer, la cause de la justice".

Pour la première fois en une dizaine de jours, les manifestations se sont déroulées globalement dans le calme dans la nuit de mardi à mercredi.

Plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées mardi soir pour exprimer leur colère et réclamer que justice soit rendue, près de l'endroit ou Michael Brown, 18 ans, a été tué par un policier blanc dans des circonstances très controversées le 9 août.

"Ne tirez pas!" scandaient les manifestants, les mains en l'air, à l'attention des membres des forces antiémeute qui, après avoir pendant une dizaine de nuits tenté d'assurer le maintien de l'ordre avec des blindés et des jets de gaz lacrymogène, ont opté pour un profil bas.

Accusée de brutalités par de nombreux habitants de cette ville à population majoritairement noire, la police n'est intervenue que brièvement pour mettre fin à une altercation, et les manifestants ont pu reprendre leur marche dans le calme, a rapporté un journaliste de l'AFP.

- Des funérailles publiques -

L'arrivée inattendue sur place d'un "train de la paix" provenant d'un parc d'attractions pour enfants et diffusant la chanson du chanteur noir décédé Marvin Gaye "What's going on" (Que se passe-t-il) a même apporté une note carnavalesque à la manifestation.

Vers minuit, la police a repoussé les manifestants qui restaient, sans faire usage de gaz lacrymogène, vers une aire de protestation nouvellement établie.

Mais une heure plus tard, 47 manifestants qui jetaient des bouteilles d'eau et d'urine sur les membres des forces de l'ordre ont été arrêtés, a annoncé à la presse Ron Johnson, capitaine de police responsable du maintien de l'ordre, précisant que trois armes avaient été saisies.

Il s'est félicité toutefois que, contrairement à la nuit précédente, la police n'ait pas essuyé de coups de feu ni dû faire usage de gaz lacrymogène. "Ce soir nous avons vu une dynamique différente", a-t-il dit.

Un porte-parole du procureur du comté de Saint-Louis a indiqué mardi aux médias qu'un grand jury, chargé de décider s'il y a lieu de poursuivre le policier qui a abattu Michael Brown, devait étudier l'affaire ce mercredi.

Les avocats de la famille de Michael Brown ont précisé mardi que ses funérailles auraient lieu lundi prochain, seraient "publiques" et se dérouleraient sous l'égide de "leaders nationaux".

Après le décès de Michael Brown, pas moins de trois autopsies ont été demandées, par les autorités locales, la famille et le ministre de la Justice, pour faire la lumière sur les circonstances de sa mort.

Les versions de la police et de plusieurs témoins divergent. Pour les uns, Michael Brown aurait tenté de se saisir de l'arme du policier qui l'a abattu. Pour plusieurs témoins, dont l'ami de Michael Brown qui l'accompagnait, il avait les mains en l'air.

Lundi, les résultats de l'autopsie demandée par la famille ont conclu que le jeune homme avait été atteint d'au moins six balles.

La mort de Michael Brown a pris une dimension nationale et fait la une aux Etats-Unis où elle a ravivé le spectre des émeutes raciales.

Pour "établir un nouveau dialogue", le maire de la ville, James Knowles, a annoncé mardi une série de mesures, dont le soutien aux programmes qui favorisent le recrutement de Noirs au sein de la police.

Sur la cinquantaine de policiers de la ville, dont la population est noire à 67%, seulement trois sont afro-américains.

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