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20/08/2014 01:00 EDT | Actualisé 20/10/2014 05:12 EDT

Ebola: 30.000 personnes auraient dû être traitées jusqu'à présent (chercheur)

Quelque 30.000 personnes auraient eu besoin d'un traitement ou d'un vaccin jusqu'à présent pour faire face à l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola, selon une estimation publiée mercredi par un chercheur britannique.

Il n'existe à l'heure actuelle aucun traitement ni vaccin homologués contre le virus Ebola. Mais un comité d'experts de l'OMS a exceptionnellement permis que des médicaments et des vaccins expérimentaux soient distribués dans les pays touchés, tout en reconnaissant que peu de malades pourraient en bénéficier compte tenu des faibles stocks disponibles.

Dans un document publié par la revue scientifique Nature, Olivier Brady, épidémiologiste de l'Université d'Oxford, précise que le chiffre de 30.000 personnes constituait un "scénario prudent" basé sur les modes de contamination observés dans les précédentes épidémies de fièvre Ebola, qui avaient surtout touché des zones rurales isolées.

Pour y parvenir, il a déterminé quatre catégories de personnes : les malades et leurs familles, le personnel médical chargé de les soigner et s'occuper des corps, les humanitaires et autres travailleurs sociaux en contact avec eux et les voyageurs revenant des zones à risques.

Interrogé par l'AFP, il a indiqué qu'il ne pouvait pas se prononcer sur les besoins à venir, compte tenu du développement de l'épidémie actuelle dans les centres urbains.

"Il est difficile de dire comment ces chiffres vont augmenter. Ce qui est clair que l'épidémie est loin d'être terminée", a-t-il déclaré.

L'épidémie actuelle qui frappe depuis neuf mois plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest est la plus grave depuis l'apparition de cette fièvre hémorragique provoquée par le virus Ebola en 1976.

Elle a déjà fait plus de 1.200 morts, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) arrêté au 16 août, sur 2.240 cas (confirmés, suspects ou probables) observés.

Les stocks du sérum expérimental américain ZMapp - qui a donné des résultats positifs sur plusieurs malades contaminés - sont "d'ores et déjà épuisés", relève Olivier Brady, tandis que les stocks disponibles d'autres médicaments expérimentaux ne pourront être utilisés que chez "quelques dizaines, voire quelques centaines de personnes".

Pour le Pr Jonathan Ball, professeur de virologie moléculaire à l'Université de Nottingham, "il est important de définir exactement ce que nous voulons obtenir à travers ces interventions car les traitements n'ont jamais réussi à éradiquer les flambées d'infections virales, contrairement aux vaccins".

Il estime que le meilleur moyen de venir à bout de l'épidémie actuelle passe par "l'éducation, l'engagement de l'Etat, une amélioration des services médicaux et un contrôle strict de l'infection".

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