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19/08/2014 12:25 EDT | Actualisé 19/10/2014 05:12 EDT

Un journaliste sud-soudanais libéré mais sa radio toujours fermée

Un journaliste sud-soudanais, arrêté samedi pour avoir fait état du point de vue des rebelles à l'antenne, a été libéré mardi, a annoncé la radio Bakhita qui l'emploie, précisant qu'elle n'avait pas reçu l'autorisation de recommencer à émettre.

"Le rédacteur en chef de Radio Bakhita, Ocen David Nicholas, a été remis mardi au président du syndicat des Journalistes du Soudan du Sud (Ujoss) Oliver Modi", a indiqué la radio sur son site internet. Les forces de sécurité "ont conservé les clés de Radio Bakhita (...) alléguant un défaut d'enregistrement et de licence lui permettant d'opérer", a poursuivi la radio.

Un confrère du journaliste libéré a confirmé à l'AFP que ce dernier était de retour chez lui.

"Le rédacteur en chef a indiqué être en bonne santé mais marqué par ces trois derniers jours de détention", durant lesquelles "il ne pouvait distinguer le jour de la nuit", selon la radio.

Elle affirme que son journaliste a été accusé d'être "un collaborateur des rebelles et un traître au gouvernement" pour avoir "équilibré un article sur de nouveaux combats" entre forces gouvernementales et troupes rebelles, qui s'affrontent depuis mi-décembre au Soudan du Sud.

Les forces de sécurité sud-soudanaises avaient fait fermer samedi Radio Bakhita, qui appartient à un réseau de stations communautaires géré par l'Eglise catholique, et arrêté Ocen David Nicholas, parce que, selon la radio, celui-ci avait relayé à l'antenne le point de vue des rebelles sur ces combats.

Selon Oliver Modi, président de l'Ujoss, "le journaliste n'a pas été battu et a dit avoir été bien traité". M. Modi a appelé les autorités à "cesser d'arrêter les journalistes, fermer les radios et saisir les journaux" et à "dialoguer" avec la presse.

Le chef de l'aide humanitaire de l'ONU au Soudan du Sud s'est dit inquiet du "durcissement apparemment" du climat autour des médias dans le pays, indépendant depuis juillet 2011.

Début août, Amnesty International et Human Rights Watch avaient accusé les autorités sud-soudanaises de harceler et d'intimider les journalistes, instillant une "atmosphère de peur" visant à étouffer le débat sur le conflit entré dans son neuvième mois.

Des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes, ont été tuées dans les combats, les massacres et atrocités sur des bases ethniques qui les accompagnent, et plus de 1,5 million chassées de chez elles.

Le conflit a éclaté le 15 décembre au sein de l'armée, minée par des antagonismes politico-ethniques exacerbés par la lutte à la tête du régime entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.

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