POLITIQUE
19/08/2014 04:48 EDT | Actualisé 19/10/2014 05:12 EDT

Tragédie de Lac-Mégantic : la mairesse Colette Roy-Laroche exige plus de Transports Canada

MCT via Getty Images
Mayor Vicki May Hamm of Magog, Canada, Mayor Colette Roy-Laroche of Lac-Megantic, Canada, Mayor Roger Doiron of Richibucto (New Brunswick, Canada) discuss railway safety during a briefing on March 11, 2014 at the Rayburn House Office Building in Washington, DC. (Mary F. Calvert/MCT via Getty Images)

Quelques heures après la publication du rapport d'enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada concernant la tragédie ferroviaire de juillet 2013, la mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, a exigé de Transports Canada d'aller plus loin encore dans l'application des recommandations émises par le BST.

« Certaines façons de faire ont été corrigées, mais nous croyons que ce n'est pas encore assez. Nous exigeons une réglementation adéquate pour le transport des matières dangereuses, une meilleure surveillance et un suivi rigoureux des mesures de sécurité pour que les gens de Lac-Mégantic et que tous les Canadiens soient en sécurité », a-t-elle demandé en point de presse, mardi après-midi.

En plus d'exiger de Transports Canada des réponses rapides à ce rapport, la Ville de Lac-Mégantic réclame des changements profonds dans la culture de l'organisme et qu'il écoute les municipalités. « Nous demandons des mesures de prévention accrues. Le transport des matières dangereuses ne doit pas se faire au détriment de la sécurité de la population. Nous voulons être en sécurité chez nous. Nous exigeons que les autorités gouvernementales prennent leurs responsabilités et fassent appliquer une réglementation qui protège véritablement la population. »

Ce rapport tant attendu du BST « permet enfin de comprendre ce qui s'est passé. Depuis le 6 juillet 2013, nous sommes à la recherche de réponses à nos trop nombreuses questions. Le rapport ne répond pas à tout, mais nous avons des réponses directes pour expliquer la tragédie. La compréhension du fil des événements nous aidera, je l'espère, à compléter notre deuil », a indiqué la mairesse.

« La publication du rapport n'effacera pas les horreurs de cette tragédie. Je souhaite que l'ensemble des éléments de ce rapport puisse nous apporter un peu de sérénité, mais aussi qu'ils nous permettent d'envisager un avenir plus sécuritaire au niveau du ferroviaire. Je fais ces souhaits pour les familles, mais aussi pour les tous les Méganticois qui ont vu leur quotidien transformé et leurs repères anéantis depuis la tragédie », a-t-elle ajouté.

La mairesse Roy-Laroche a rappelé que les élus de Lac-Mégantic continueront d'exiger une voie de contournement ferroviaire.

Réactions des familles

Ce rapport très attendu du Bureau de la sécurité des transports suscite de nombreuses réactions surtout des proches des victimes. Certains se disent satisfaits du rapport d'enquête. D'autres remettent en question le travail des élus provinciaux et fédéraux.

« C'est vrai qu'on a perdu confiance, les Québécois et les Canadiens, en nos gouvernements qui nous représentent. Ils sont censés assurer notre sécurité et ils ne le font pas. On leur crie : "Protégez-nous! C'est nous autres qui vous payons!" Je dis à ces gens qui ne sont pas capables d'assurer notre sécurité de rester chez eux. On va élire des gens qui ont le coeur un peu plus sensible et qui seront capables de rendre notre pays sécuritaire », soutient un citoyen de Lac-Mégantic qui a perdu son fils et ses belles-filles dans la tragédie, Raymond Lafontaine.

Tristan Lecours, qui a perdu sa mère dans l'incendie, souhaite que les recommandations du BST soient appliquées et qu'elles ne soient pas uniquement que des voeux pieux. Il déplore également que la nature humaine ne fasse que le minimum et que ce soit au moment d'une catastrophe que l'on tente de tout changer et de rectifier le tir.

La famille de Kathy Clusiault, morte dans son appartement du centre-ville de Lac-Mégantic, est enfin heureuse de connaître les conclusions du BST. Ce rapport leur confirme ce qu'ils avaient imaginé sur le fil des événements ce soir-là. Pour eux, les conclusions sont valables, mais restent à être appliquées maintenant. « On n'en veut pas à Transports Canada ou à la compagnie. Il est temps de passer à autre chose. Même si on en veut au gouvernement ou si on passe notre temps à en vouloir à la MMA, ça va amplifier notre colère et ça va atteindre notre santé. De toute façon, ça ne nous ramènera pas Kathy, ni les 46 autres », rappelle son père, Jean Clusiault.

« La plupart du temps, on a fait avec les outils que nous avions. Ça faisait plusieurs fois que nous leur disions que laisser le train à Nantes n'était pas sécuritaire. Nous voulions l'amener l'autre côté de Lac-Mégantic, mais les dirigeants de l'entreprise refusaient toujours. Nous tentions de suivre le règlement du mieux que nous pouvions dans la mesure du possible. Mettre 30 freins à main comme le recommande le BST peut prendre des heures », souligne un ex-employé de la MMA, Simon Desjardins.

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