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19/08/2014 01:24 EDT | Actualisé 19/10/2014 05:12 EDT

Gaza: tirs de roquettes et raids aériens reprennent en pleine trêve

Palestiniens et Israéliens ont recommencé à se tirer dessus mardi, jetant la bande de Gaza dans l'angoisse d'une reprise des hostilités qui ont fait plus de 2.000 morts dans le territoire dévasté.

Selon les secours locaux, cinq Palestiniens, dont trois enfants, ont été blessés par les frappes israéliennes lancées en représailles à des tirs de roquettes palestiniens avant même qu'un cessez-le-feu globalement observé depuis le 11 août n'expire à minuit.

L'avenir de ce cessez-le-feu est désormais plus qu'incertain. Israël a annoncé rappeler ses émissaires qui essayaient au Caire de négocier avec les Palestiniens sa transformation en trêve durable. Les pourparlers n'ont fait aucun progrès, ont dit les négociateurs palestiniens.

Et les habitants de Gaza ont recommencé à fuir les secteurs les plus exposés aux frappes israéliennes.

Un journaliste de l'AFP a ainsi vu des centaines de Gazaouis encombrés de sacs et de matelas abandonner Chajaya pour aller s'abriter dans les écoles de l'ONU transformées en refuges. Chajaya, une banlieue à l'est de la ville de Gaza, fait face à la frontière. C'est l'un des secteurs les plus dévastés par les tirs israéliens.

Des témoins ont fait été de milliers de personnes qui auraient quitté les secteurs de Zeitoun et Chaaf après avoir entendu une série d'explosions.

- Coups de semonce ou reprise des combats -

On ignore si les tirs et les raids de mardi représentent de simples coups de semonce matérialisant l'échec des négociations du Caire, ou s'ils annoncent une reprise dans toute leur intensité de combats qui ont tué plus de 2.000 Palestiniens et près de 70 Israéliens depuis le 8 juillet.

L'expiration du cessez-le-feu ne signifierait pas fatalement un nouvel embrasement. L'idée d'une cessation de fait des combats sans accord est dans l'air depuis quelque temps en Israël.

Le nouvel accès de fièvre a commencé avec le tir de deux roquettes palestiniennes tombées dans des zones non-habitées près de Beersheva, à une quarantaine de km de Gaza, a dit l'armée. Deux autres projectiles ont été interceptés par le système de défense anti-missiles.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a immédiatement ordonné à l'armée de riposter et "de frapper les cibles terroristes à Gaza".

Aussitôt, l'armée a frappé dans les environs de Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, selon les témoins.

Simultanément, Israël a ordonné le retour de ses délégués qui tentaient de s'entendre avec les Palestiniens par l'entremise des Egyptiens au Caire.

"Le processus du Caire reposait sur la condition préalable d'un respect total du cessez-le-feu", a expliqué un responsable israélien à l'AFP. "Si le Hamas se met à tirer des roquettes, le processus du Caire est dénué de fondement".

- 'Saboter les négociations' -

Le Hamas, l'organisation islamiste qui contrôle Gaza et à laquelle Israël a livré bataille, a démenti être pour quoi que ce soit dans les tirs de roquettes.

"Nous n'avons pas la moindre information sur des tirs de roquettes de Gaza. Les raids israéliens visent à saboter les négociations du Caire", a dit un porte-parole à Gaza, Sami Abou Zouhri, laissant entendre que ces tirs pourraient être le fait d'autres factions palestiniennes.

Lundi soir, Israéliens et Palestiniens s'étaient accordés in extremis pour prolonger de 24 heures jusqu'à mardi minuit la trêve. Leurs discussions avaient repris avant les tirs de roquettes.

Les armes ont recommencé à parler alors que rien n'indiquait que ces discussions puissent produire un accord durable entre des parties aux exigences apparemment inconciliables.

Sans un tel accord, la crainte est grande de voir éclater de nouveaux combats dans quelques mois dans un territoire qui en est déjà à sa troisième guerre en six ans.

Les Palestiniens -représentés au Caire par une délégation comptant des responsables du Hamas, du Jihad islamique et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui chapeaute l'Autorité palestinienne- ont affirmé maintes fois qu'ils ne signeraient aucun accord qui ne prévoirait pas une levée du blocus israélien de Gaza.

Les Israéliens font eux de la démilitarisation de l'enclave une condition sine qua non.

Les Egyptiens ont soumis aux protagonistes une proposition par laquelle ils s'engageraient à cesser les combats et qui prévoit la réouverture des points de passage aux frontières. Elle fait la part belle à l'Autorité palestinienne, évincée de Gaza par un coup de force du Hamas en 2007 et à laquelle le Hamas céderait à nouveau le pas.

Des sujets aussi épineux que l'ouverture d'un port et d'un aéroport, à laquelle les Israéliens sont opposés, ou la restitution des corps de deux soldats israéliens morts en échange de la libération de détenus palestiniens, seraient, eux, remis à dans un mois.

M. Netanyahu a martelé qu'il n'y aurait pas d'accord sans réponse claire aux exigences de sécurité de son pays. On ignore dans quelle mesure les discussions se sont rapprochées ou non de satisfaire ces exigences.

bur-lal/tp