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19/08/2014 01:12 EDT | Actualisé 19/10/2014 05:12 EDT

Des milliers de personnes marchent sur le Parlement pakistanais, à Islamabad

ISLAMABAD - Des dizaines de milliers de manifestants antigouvernementaux armés de cisailles et appuyés par des grues ont investi mardi le Parlement pakistanais, déplaçant les barrières qui les empêchaient de se rendre jusqu'au siège du gouvernement.

La télévision pakistanaise a montré les forces de l'ordre se déployant autour de ce qu'on appelle la «zone rouge», où on retrouve notamment les résidences de fonctions du président et du premier ministre et plusieurs missions diplomatiques.

Les autorités gouvernementales avaient averti qu'elles ne permettraient pas aux manifestants d'entrer dans la «zone rouge», mais la police et des centaines de soldats n'opposaient pas de résistance immédiate.

Un ministre du gouvernement, Saad Rafiq, a soutenu que le premier ministre avait permis aux manifestants de progresser dans le secteur pour éviter des heurts sanglants.

Des femmes et des enfants ont pris part à la marche. Ce sont quelque 30 000 personnes qui ont marché en appui à Imran Khan, une ancienne vedette de cricket devenue politicien, et Tahir-ul-Qadri, un leader religieux antigouvernemental.

Les deux hommes réclament la démission du premier ministre Nawaz Sharif en raison d'allégations de fraude lors du vote de l'an dernier. M. Sharif refuse de se plier à leurs demandes et a ordonné à l'armée de descendre dans les rues. Il s'agit du premier déploiement militaire dans la capitale depuis que le Pakistan est revenu à un gouvernement civil.

Deux responsables pakistanais de la sécurité ont affirmé sous le couvert de l'anonymat que 700 soldats ont été déployés autour de la «zone rouge». Environ 30 000 autres membres des forces de l'ordre se trouveraient aussi dans le secteur, pendant que des conteneurs et des barbelés bloquaient plusieurs rues.

Les autorités avaient appelé au calme avant la marche, pour ensuite mettre en garde contre un possible bain de sang.

«Ils veulent du sang. Ils veulent des morts. C'est leur politique, a exprimé le ministre de l'Information, Pervaiz Rashid. Si ça tourne mal, les manifestants seront tenus responsables.»

Les manifestants ont établi des camps à deux endroits à Islamabad depuis la semaine dernière. MM. Khan et Qadri ont promis de maintenir la pression jusqu'à ce que M. Sharif démissionne.

M. Khan, qui dirige le troisième bloc parlementaire en importance, a annoncé son intention de créer une «place Tahrir» devant le Parlement, en référence à la place égyptienne qui a été le théâtre de manifestations géantes en 2011.

Les deux leaders ont demandé à leurs partisans de manifester pacifiquement.