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La répression des médias au Soudan du Sud étouffe le débat sur la sortie du conflit (HRW, AI)

La répression contre les journalistes au Soudan du Sud étouffe le débat sur la façon de mettre fin au conflit qui déchire depuis décembre le pays, où la famine menace, ont averti deux ONG vendredi.

Le Service de Sécurité nationale (NSS) doit "arrêter de saisir et de fermer des journaux ainsi que de harceler, intimider et de détenir illégalement des journalistes", ont déclaré Amnesty International (AI) et Human Rights Watch (HRW) dans un rapport conjoint.

"La répression de la part du gouvernement intervient au moment où le Soudan du Sud a le plus besoin de voix indépendantes pour contribuer au débat sur la façon de mettre fin à la crise politique et au conflit armé interne", a estimé Elizabeth Ashamu Deng, chercheuse à Amnesty.

Le conflit a éclaté le 15 décembre au sein de l'armée, profondément divisée selon les appartenances politico-ethniques sur fond de rivalité au sein du régime entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.

Combats - impliquant armée, soldats mutins et milices tribales plus ou moins autonomes -, massacres et atrocités contre les civils sur des bases ethniques ont déjà fait des milliers, voire des dizaines de milliers de morts et chassé de chez eux plus de 1,5 million de personnes.

AI et HRW accusent le gouvernement de créer "une atmosphère de peur" et d'avoir interdit aux journalistes d'interviewer les chefs rebelles, ou de travailler sur les violations des droits de l'Homme ou sur le débat controversé concernant le fédéralisme.

"Journalistes et commentateurs et analystes ne peuvent faire leur travail et rendre compte librement sur le conflit en cours sans avoir peur de représailles de la part des forces de sécurité de l'Etat", a estimé le directeur Afrique de HRW, Daniel Bekele.

Plusieurs journalistes ont été détenus plus ou moins longtemps par les forces de sécurité, d'autres ont fui le pays.

Selon les ONG, le journal Almajhar Alsayasy a reçu l'ordre de cesser de paraître, tandis que huit éditions de l'hebdomadaire Juba Monitor ont été saisies depuis décembre. Une édition d'un autre hebdomadaire, Citizen, a été saisie en juin.

"Si le Soudan du Sud veut un avenir en paix, couvrir des crimes ne doit pas être permis et la liberté d'expression doit être protégée, pas attaquée", a expliqué Elizabeth Ashamu Deng.

Les organisations humanitaires mettent en garde depuis plusieurs mois sur la famine qui menace au Soudan du Sud. Deux cessez-le-feu ont été signés en janvier et mai, mais n'ont jamais été respectés. Les combats ont baissé d'intensité ces dernières semaines, essentiellement en raison des pluies qui noient les quelques routes du pays et empêchent tout mouvement de troupes ou de matériel.

pjm/ayv/sd

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