Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

La trêve vole en éclats à Gaza

Une cinquantaine de Palestiniens ont été tués ce matin dans des bombardements israéliens dans le sud de la bande de Gaza, près de Rafah, en dépit de la trêve de 72 heures entrée en vigueur en début de matinée, rapportent les services médicaux palestiniens.

De son côté, l'armée israélienne a confirmé la mort de deux de ses soldats et l'enlèvement probable d'un sous-lieutenant.

Un membre du cabinet du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a accusé le Hamas et d'autres factions combattantes palestiniennes de « violations flagrantes » de la trêve humanitaire, qui aura duré moins de deux heures, sans fournir de précisions.

Des médias israéliens ont rapporté pour leur part que des combattants palestiniens avaient ouvert le feu sur des soldats israéliens dans ce même secteur de Rafah. Les sirènes ont retenti à plusieurs reprises dans le sud d'Israël, signalant de nouvelles salves de roquettes tirées depuis le territoire palestinien.

Des délégués israéliens et palestiniens doivent se rendre au Caire pour des négociations séparées en vue d'une trêve durable. La délégation palestinienne devrait être menée à la fois par des responsables de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et du bureau politique du Hamas. On ignore pour l'instant si ces pourparlers, qui auraient pu débuter aujourd'hui, auront lieu.

Le cessez-le-feu de 72 heures, annoncé hier par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et le secrétaire d'État américain, John Kerry, est entré en vigueur à 8 h, heure locale (1h HE).

Dans un communiqué commun, MM. Kerry et Ban avaient précisé que les « forces sur le terrain resteraient en place » pendant la trêve, ce qui écarte donc le retrait de l'armée israélienne de Gaza.

Le communiqué affirmait que le cessez-le-feu est nécessaire pour permettre aux civils d'avoir un peu de répit. Durant cette période, les civils de la bande de Gaza recevront de l'aide humanitaire et pourront enterrer les morts, prendre soin des blessés et faire des provisions de nourriture. La période de trêve permettra aussi de réparer les conduites d'eau et les infrastructures endommagées par les affrontements.

« Ce cessez-le-feu est très important pour donner aux civils innocents un répit dont ils ont bien besoin face à la violence. »

— Le secrétaire d'État américain John Kerry, de passage à New Delhi, en Inde

Un porte-parole du Hamas a déclaré hier que le mouvement islamiste palestinien, qui contrôle l'enclave de Gaza, et tous les groupes palestiniens s'engageaient à respecter cette trêve de trois jours.

Un responsable israélien a également confirmé le cessez-le-feu quelques heures plus tard.

Une trêve nécessaire

Le Conseil de sécurité avait appelé jeudi à un « cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions » et a préconisé des « pauses humanitaires » pour venir en aide à la population de Gaza qui, selon le chef de l'UNRWA, Pierre Krähenbühl, est « au bord du gouffre ».

M. Krähenbühl a expliqué aux membres du Conseil de sécurité que les conditions de vie dans les refuges surpeuplés de l'ONU « sont de plus en plus précaires », avec une situation sanitaire déplorable et des risques de maladies.

Depuis le début de l'opération « Bordure protectrice » le 8 juillet, près de 1500 Palestiniens, pour la plupart des civils, ont été tués dans les pilonnages et les combats, selon des médecins gazaouis. Dans le même temps, Israël a perdu 61 soldats, et trois civils sont morts en territoire israélien dans les tirs de roquettes ou d'obus de mortier palestiniens.

INOLTRE SU HUFFPOST

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.