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01/08/2014 05:33 EDT | Actualisé 01/10/2014 05:12 EDT

Écrasement du vol MH17: des dizaines d'enquêteurs malgré les combats

BULENT KILIC via Getty Images
Investigators work at a the crash site of the Malaysia Airlines Flight MH17 near the village of Hrabove (Grabovo), some 80km east of Donetsk, on July 25, 2014. Ukraine sought on July 25 to avoid a political crisis after the shock resignation of its prime minister, as fighting between the army and rebels close to the Malaysian airliner crash site claimed over a dozen more lives. The Netherlands and Australia, the two countries that lost the most citizens when the Malaysia Airlines Boeing 777 was shot down, are seeking a mandate to deploy troops on the ground, possibly through a United Nations Security Council resolution. AFP PHOTO/ BULENT KILIC (Photo credit should read BULENT KILIC/AFP/Getty Images)

Plusieurs dizaines d'inspecteurs internationaux sont arrivés pour la première fois vendredi sur le site du crash du Boeing malaisien pour enquêter sur sa cause, en dépit de nouveaux affrontements dans l'Est de l'Ukraine qui ont fait quatorze morts.

Au moins dix soldats parachutistes ukrainiens figurent parmi les victimes de ce que l'état-major ukrainien a présenté comme une "embuscade" des rebelles prorusses à Chakhtarsk, à environ 25 kilomètres du site du crash, dans la nuit de jeudi à vendredi. "Quatre corps n'ont pas encore été identifiés et il peut s'agir aussi bien de soldats ukrainiens que de terroristes" (insurgés), a précisé à l'AFP Olexiï Dmytrachkivski, porte-parole de l'état major.

Les forces ukrainiennes ont repris vendredi leur offensive contre les insurgés prorusses, suspendue la veille pour favoriser l'enquête internationale sur le drame qui a conduit à l'adoption de sanctions économiques occidentales sans précédent contre la Russie, accusée d'armer la rébellion.

"Actuellement, les actions militaires sont dans une phase active", a confirmé M. Dmytrachkivski. "Mais il n'y a pas de combats dans la zone du crash du Boeing. Aujourd'hui le groupe d'experts internationaux poursuivra son travail", a-t-il ajouté.

Plus de deux semaines après le crash du vol MH17 de Malaysia Airlines, abattu par un missile alors qu'il reliait Amsterdam à Kuala Lumpur avec 298 personnes à bord le 17 juillet, les débris du Boeing et certaines dépouilles sont encore sur place.

Après avoir été empêchés pendant plusieurs jours d'accéder au site par les combats, un petit groupe d'experts néerlandais et australiens a réussi à y accéder jeudi pour une mission de reconnaissance en empruntant un itinéraire de plusieurs centaines de kilomètres, au lieu de 60 kilomètres par la route directe.

Un groupe de 70 experts néerlandais et australiens encadrés par des observateurs de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), "le plus important" depuis le crash, est arrivé sur place vendredi, annoncé l'OSCE sur Twitter.

"S'ils trouvent des restes humains, ils seront immédiatement récupérés", a indiqué de son côté le ministère néerlandais de la justice, dans un communiqué confirmant l'arrivée des inspecteurs.

Les boîtes noires ont déjà été remises au groupe chargé de l'enquête et envoyées au Royaume-Uni pour y être analysées. Selon Kiev, les premières constatations ont révélé une forte explosion caractéristique d'un missile à fragmentation, ce que n'ont pas confirmé à ce stade les enquêteurs.

- Des policiers pour protéger les inspecteurs -

Une mission de policiers armés néerlandais et australiens, qui pourra atteindre au maximum 950 hommes, doit également commencer à se déployer vendredi dans la zone du crash pour la sécuriser.

Lors d'une rencontre jeudi à Minsk entre des représentants ukrainiens, séparatistes et russes sous l'égide de l'OSCE, les différentes parties "se sont engagées à assurer un accès sécurisé aux enquêteurs internationaux au site du crash jusqu'à la fin de l'enquête sur le terrain", a indiqué l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe dans un communiqué. Une nouvelle rencontre est prévue la semaine prochaine.

L'ancien président ukrainien Leonid Koutchma, qui représentait Kiev lors de ces pourparlers, a affirmé avoir reçu de la part des insurgés --qui contrôlent la zone-- "la promesse de remettre les effets personnels des défunts". Chaque partie prenante du conflit s'est engagée à libérer 20 prisonniers, a-t-il ajouté à l'agence Interfax Ukraine.

Dans un communiqué, l'état-major ukrainien a précisé pour sa part avoir poursuivi sa progression entamée depuis début juillet qui lui a permis de repousser les séparatistes dans quelques bastions, essentiellement les villes de Donetsk et Lougansk, et dans la zone frontalière de la Russie qui les sépare.

Les forces ukrainiennes "ont libéré la localité de Novyi Svit", à environ 25 kilomètres au sud de Donetsk, qui compte 8.000 habitants, est-il indiqué. Elles ont affirmé avoir constaté des violations de l'espace aérien ukrainien par l'aviation russe.

A Lougansk, les combats ont fait cinq morts, dont un enfant, et neuf blessés en 24 heures parmi les civils, selon les autorités municipales, selon lesquelles la ville n'est plus alimentée en eau et électricité.

A Donetsk, la mairie a indiqué qu'un passager d'un minibus avait été tué jeudi par une explosion causée par un tir d'artillerie dans une rue où passait le véhicule.

Les combats ont fait plus de 1.100 morts selon l'ONU en plus de trois mois, sans compter les victimes du crash, et conduit à une confrontation croissante entre les Occidentaux et Moscou. Les dernières sanctions adoptées cette semaine par Bruxelles et Washington limitent notamment l'accès des puissantes banques d'Etat russes aux marchés financiers, au risque de fragiliser une économie déjà au bord de la récession.

Dans un message diffusé à l'occasion du centenaire du début de la Première guerre mondiale, le président ukrainien Petro Porochenko s'est dit "convaincu que les Ukrainiens sauront défendre leur Etat, rétablir et défendre son intégrité territoriale".

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