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"Une centaine" de morts et blessés dans l'attaque au Xinjiang (groupe Ouïghour)

Les affrontements de lundi au Xinjiang, région musulmane du nord-ouest de la Chine, ont fait "une centaine" de morts et de blessés, selon un groupe de défense des Ouïghours, principale ethnie de la région.

Un gang d'assaillants "armés de couteaux" a attaqué lundi matin un poste de police et des bâtiments officiels dans le district de Shache --ou Yarkand dans la langue ouïghour--, selon des informations diffusées mardi soir par l'agence officielle Chine Nouvelle.

Les forces de police ont alors "abattu des dizaines" d'assaillants "qui s'en prenaient aux civils et aux véhicules", avait ajouté le média d'Etat, parlant d'une "attaque terroriste préméditée".

"L'affrontement a fait une centaine de morts et de blessés", a affirmé mercredi Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, une organisation basée en Allemagne, citant des sources locales.

Chine nouvelle évoquait mardi soir "des dizaines de blessés et de morts civils", à la fois Ouïghours et Han (Chinois de souche).

Le Xinjiang compte plus de neuf millions de Ouïghours, des musulmans turcophones, dont une frange radicale est, selon les autorités, à l'origine de sanglants attentats commis ces derniers mois dans la région et en-dehors.

"Nous demandons (à Pékin) d'arrêter de distordre la vérité sur l'affaire de Shache", dans laquelle "la Chine ne peut éluder sa responsabilité", a ajouté Dilxat Raxit, réclamant "une enquête indépendante".

"Les Ouïghours se soulèvent pour protester contre la politique extrême de la Chine" et "la répression armée par les autorités conduit à des morts et blessés des deux côtés", a-t-il estimé.

Des employés d'hôtels et de restaurants à Shache, contactés par l'AFP, ont indiqué ne pas avoir connaissance des évènements de lundi.

Ces affrontements, survenus à la veille de la fête de l'Aïd al-Fitr marquant la fin du ramadan, interviennent à la suite d'un attentat suicide perpétré en mai sur un marché d'Urumqi, capitale du Xinjiang, qui avait fait 43 morts, dont les quatre agresseurs, et une centaine de blessés.

En réaction, Pékin --et le président Xi Jinping en tête-- avait annoncé une vaste campagne de lutte antiterroriste, qui s'est traduite par au moins 13 exécutions, des centaines d'interpellations et des condamnations en masse au terme de procès expéditifs.

Des groupes de défense des droits de l'homme estiment que la politique répressive menée par Pékin à l'encontre de la culture et de la religion des Ouïghours alimente les tensions et les violences dans la région.

Les autorités chinoises avaient ainsi fortement restreint pour les musulmans du Xinjiang les possibilités d'observer le jeûne du ramadan.

jug/ple/ros

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