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Un ministre turc en colère contre les femmes pratiquant la danse à la barre verticale

Un ministre turc qui s'était déjà signalé par sa critique des femmes riant fort en public a déclenché mercredi une nouvelle polémique en s'attaquant aux femmes qui pratiquent la "pole danse" ou danse à la barre verticale.

Le vice-Premier ministre Bulent Arinc, l'un des cofondateurs du parti Justice et Développement (AKP au pouvoir) a vivement critiqué récemment la pratique d'une danse qu'il estime représentative du déclin des normes morales dans son pays.

M. Arinc avait été ridiculisé sur les réseaux sociaux, à la suite de ses déclarations sur le rire des femmes, par des femmes qui se sont montrées en photo en train de rire à gorge déployée.

Mercredi, au cours d'une émission télévisée, le vice-Premier ministre a affirmé que ses remarques avaient été sorties de leur contexte et a proposé quelques réflexions sur "les principes généraux de morale".

Il a alors affirmé: "Il y a des femmes qui partent en vacances sans leur mari et d'autres qui n'arrivent pas à se retenir de grimper sur une barre verticale. Chacun vit comme il veut. Je ne suis pas en colère contre vous mais j'ai de la pitié pour vous"

Ces réflexions de M. Arinc semblent avoir été faites en réaction à une photo d'elle-même postée sur Instagram par l'épouse d'un célèbre joueur turc de football où elle apparaît dansant avec la légende "lorsque je vois une barre verticale, je ne peux pas résister".

L'épouse de Caner Erkin, joueur de la célèbre équipe stambouliote de Fenerbahce, a, depuis, supprimé la photo.

Prolongeant la campagne de mardi sur Twitter contre les propos de M. Arinc sur le rire des femmes, les internautes ont posté mercredi des photos de leur animal favori grimpant à la barre verticale ou de drapeaux s'envolant à partir de barres verticales.

La tension monte entre le mouvement laïc anti-islamiste et les sympathisants de la mouvance islamique dont est né l'AKP à l'approche de l'élection présidentielle du 10 août. Le poste est brigué par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, accusé par ses ennemis de vouloir remettre en cause les principes de laïcité sur lesquels s'est bâtie la Turquie moderne depuis la chute de l'empire ottoman.

Une éditorialiste, Ismigul Simsek, du site Bianet, l'un des sites du mouvement libéral hostile à l'AKP, a commenté les réflexions de M. Arinc en lui conseillant d'aller "arroser ses fleurs": " Nous savons très bien quel type de société, de moralité et d'attitude vis-à-vis des femmes vous voulez établir. Nous n'en voulons pas" a-t-elle écrit.

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