Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Syrie/Alep: HRW dénonce une intensification des raids aux barils d'explosifs

L'armée de l'air syrienne a intensifié ses raids dans la métropole septentrionale d'Alep, le nombre de secteurs rebelles frappés par les barils d'explosifs ayant presque doublé en cinq mois faisant près de 1700 morts, a affirmé mercredi Human Rights Watch.

L'organisation de défense de droits de l'Homme a critiqué l'inaction du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment celle de la Russie et la Chine, deux membres alliés du régime de Damas, face à ces bombardements aériens qui ont fait selon elle 1.655 morts à Alep depuis février.

Le Conseil de sécurité devait débattre mercredi de l'application d'une résolution prise le 22 février appelant entre autres à l'arrêt de l'usage sans discernement des barils d'explosifs et autres armes dans les zones civiles.

"Les témoignages, l'analyse d'images satellitaires et des preuves photographiques obtenues par HRW montrent que les forces gouvernementales ont poursuivi, voire augmenté leurs bombardements sur Alep depuis la résolution" du 22 février, indique l'organisation dans un communiqué.

Elle note que "113 jours avant la résolution, HRW avait identifié au moins 380 sites ayant subi des dommages dans des secteurs tenus" par les rebelles. "Dans les premiers 140 jours après la résolution, plus de 650 sites ont été la cible de frappes dans les secteurs" rebelles".

Mercredi, cinq civils ont été tués et huit se trouvaient sous les décombres d'un bâtiment touché par des barils d'explosifs à Salhine, un quartier de l'est d'Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). La veille six civils dont un enfant, avaient été tués, dans un raid similaire dans un autre secteur d'Alep.

HRW rappelle que les "barils d'explosifs" sont des bombes non guidées hautement explosives, fabriquées localement, à peu de frais et constituées généralement de gros barils d'huile, de cylindres à gaz ou de réservoirs d'eau qui ont été vidés de leur contenu.

Ils sont ensuite remplis de puissants explosifs ainsi que de ferraille afin de renforcer l'effet de fragmentation, avant d'être larguées par des hélicoptères, principale arme du régime contre les rebelles dans la guerre qui les oppose depuis trois ans.

HRW a également condamné les rebelles pour leurs attaques "sans discernement", au moyen d'attentats à la voiture piégée et d'attaques au mortier, dans les zones tenues par le régime.

Mercredi, selon la télévision d'Etat, une personne est morte et plusieurs ont été blessées dans un attentat-suicide à la voiture piégée dans un quartier majoritairement alaouite, la confession du président Bachar al-Assad, dans la ville de Homs (centre).

"Les barils d'explosifs, les attentats à la voiture piégée et les tirs au mortier tuent des milliers de Syriens. Quel sera le prix à payer encore pour que la Russie et la Chine permettent au Conseil de sécurité de mettre en oeuvre" sa résolution, demande HRW.

Moscou et Pékin ont bloqué à trois reprises des résolutions condamnant le régime syrien, alors que le conflit a déjà fait plus de 170.000 morts depuis mars 2011.

rd/ram/sk/cbo/tp

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.