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Rwanda: Prison à vie requise pour "terrorisme" contre un ex-membre de la garde de Paul Kagame

Le Parquet a requis mercredi à Kigali la perpétuité, notamment pour "terrorisme", contre le lieutenant Joel Mutabazi, ex-membre de la garde présidentielle rwandaise livré en octobre 2013 au Rwanda par l'Ouganda malgré son statut de réfugié, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le lieutenant Mutabazi est jugé depuis le 28 janvier par une Cour martiale pour "formation de groupe armé, complot contre le président, terrorisme, complot contre un gouvernement établi, diffusion de fausses informations en vue de créer une hostilité internationale contre le gouvernement rwandais, possession illégale d'armes à feu et désertion".

"Tous ces chef constituent une série de crimes et pour cela nous requérons la peine de prison à vie contre le lieutenant Mutabazi, ainsi que sa dégradation", a requis le procureur militaire, le lieutenant Faustin Nzakamwita.

Il a également requis la perpétuite contre un des co-accusés, 37 ans de prison contre neuf autres, 20 ans contre deux autres, sept ans contre le frère cadet de Joel Mutabazi et des peines de cinq ans contre son oncle et sa belle-soeur.

Ces trois proches du lieutenant Mutabazi ont produit des témoignages à charge contre l'accusé durant le procès.

Parole a ensuite été donnée à la défense.

"Toutes ces accusations contre moi sont inventées, je suis innocent et je demande aux juges d'ordonner ma libération immédiate", a déclaré Joel Mutabazi qui assure lui-même sa défense, son avocate Antoinette Mukamusoni s'étant retirée du procès en affirmant que son client ne respectait pas la ligne de défense adoptée.

Les plaidoiries de la défense se poursuivaient mercredi en fin d'après-midi.

Joel Mutabazi et ses 15 co-accusés sont, selon le Parquet, impliqués à divers degrés dans des attaques à la grenade perpétrées au Rwanda depuis 2010 et attribuées par Kigali au Congrès national rwandais (RNC) - parti d'opposition en exil - et aux Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), groupe armé anti-Kigali basé dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

L'accusation affirme avoir mis au jour les liens entre les FDLR, accusés par Kigali d'être dirigées par des anciens cadre du régime hutu à l'origine du génocide de 1994 au Rwanda, et le RNC, dont les dirigeants en exil sont des dissidents du Front patriotique rwandais (FPR), parti du président Paul Kagame.

Joel Mutabazi, qui a rejeté à l'ouverture de son procès les charges retenues contre lui, a refusé de s'exprimer durant le procès, se contentant de qualifier la procédure d'illégale et affirmant avoir été "kidnappé" en Ouganda où il avait le statut de réfugié et bénéficiait à ce titre de la protection de l'ONU.

Le gouvernement ougandais avait reconnu fin octobre que le lieutenant Mutabazi avait été "exfiltré clandestinement" d'Ouganda après "une erreur de jugement" de la police ougandaise qui l'avait remis à des représentants des autorités rwandaises.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux Réfugiés (HCR) avait dénoncé "une violation grave du devoir essentiel de protection" des réfugiés de la part des forces de l'ordre ougandaises ayant "exposé M. Mutabazi à un grave risque".

Joel Mutabazi avait fui en Ouganda en 2011, après, selon ses affirmations, avoir été arrêté et détenu pendant plusieurs mois, en raison de ses liens présumés avec des transfuges du régime, passés à l'opposition en exil.

str-ayv/jmc

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