Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Moscou dénonce les nouvelles sanctions américaines et minimise leur portée

La Russie, frappée par de nouvelles sanctions américaines et européennes en raison de son implication dans la guerre en Ukraine, s'en est pris vivement mercredi à Washington, semblant épargner les Européens.

"Les conséquences pour Washington de cette politique destructive et à courte vue vont être très concrètes", a assuré le ministère russe des Affaires étrangères.

Le ministère, qui dénonce "les sanctions antirusses tirées par les cheveux et illégitimes" de Washington, ne fait en revanche aucune allusion dans son communiqué aux sanctions décrétées par l'Union européenne le même jour.

Annoncées à un moment où les forces ukrainiennes intensifient leur offensive pour isoler les insurgés, ces sanctions sont les plus sévères jamais prises contre Moscou depuis la fin de la Guerre froide.

La Bourse de Moscou et le cours du rouble évoluaient en hausse mercredi mais parce que l'effet avait été manifestement anticipé ces derniers jours, selon les analystes.

La Banque centrale de Russie a assuré de son côté que "toutes les mesures seraient prises, en cas de besoin, pour soutenir les banques (touchées par les sanctions, ndlr)", alors que Washington limite désormais les transactions avec trois des principales banques russes, et que l'UE a décidé de restreindre l'accès des banques d'Etat russes aux investisseurs européens.

"Les sanctions concernant le secteur financier sont celles qui auront le plus de conséquences macroéconomiques, avec un risque accru pour la croissance et une pression à la baisse qui va se poursuivre sur le cours du rouble", a estimé la société d'investissement VTB Capital.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait minimisé par avance l'impact des sanctions : "Nous saurons surmonter toute difficulté qui pourrait apparaître dans certains secteurs de notre économie", avait-il déclaré lundi en précisant que la Russie n'envisageait pas de répondre par des sanctions contre les Occidentaux.

"La Russie aurait peut-être envie de répondre à ces sanctions, mais de quelle manière? Arrêter de fournir du gaz et du pétrole? Et comment alors payer les retraites en Russie?", a commenté le directeur de l'Institut d'analyse stratégique FBK à Moscou, Igor Nikolaev. "Cela ne fera pas mal tout de suite, mais cela va pousser notre économie vers la récession", a-t-il poursuivi.

Les services vétérinaires russes ont cependant annoncé mercredi l'interdiction des importations de fruits et légumes de Pologne, mettant en avant des "violations répétées" des procédures.

Le vice-Premier ministre russe, Dmitri Rogozine, a commenté avec ironie sur Twitter les sanctions prises à l'encontre des chantiers navals russes OSK : "C'est un signe que les chantiers navals militaires russes deviennent un problème pour les ennemis de la Russie".

La presse russe minimisait elle aussi la portée des nouvelles sanctions, en mettant en doute leur impact et en soulignant qu'elles pourraient s'avérer politiquement bénéfiques pour Vladimir Poutine en politique intérieure.

"Les sanctions, soit ne marchent pas, soit ont un effet visible dans un avenir lointain", écrit le journal économique de référence Vedomosti qui estime que "les sanctions américaines contre Cuba introduites en 1960 (...) n'ont pas affaibli le régime de Castro".

Le quotidien Izvestia assure de son côté que "les sanctions ne feront que rassembler davantage le peuple russe autour des autorités, parce qu'elles seront interprétées comme une tentative des Etats-Unis de remporter une victoire sur la Russie".

Washington a imposé de nouvelles sanctions aux secteurs clés de l'énergie, de l'armement et de la finance, et l'UE a annoncé une série de mesures bloquant l'accès des entreprises et banques russes aux marchés financiers européens, et interdisant toute vente d'armes et de technologies sensibles dans le domaine de l'énergie.

Les Européens ont également décidé de bloquer les avoirs de huit personnes, dont quatre hommes d'affaires russes proches du président Poutine, accusés de bénéficier de l'annexion de la Crimée ou de soutenir activement la déstabilisation en Ukraine.

Sur le terrain, les forces ukrainiennes ont continué à regagner du terrain et annoncé avoir repris aux séparatistes la ville d'Avdiivka, à une dizaine de kilomètres de Donetsk, principale place forte de la rébellion.

Les combats à Gorlivka, autre ville proche de Donetsk, ont fait cinq morts au cours des dernières 24 heures, selon l'agence Interfax.

Les forces ukrainiennes cherchent à isoler les insurgés, retranchés essentiellement dans une zone située entre les villes de Donetsk et de Lougansk proche de la frontière. "S'ils se trouvent coupés des approvisionnements en denrées alimentaires, ce qui va bientôt se produire, ils devront abandonner leurs armes et partir", a indiqué à la presse le porte-parole de l'état-major ukrainien, Andriï Lyssenko.

Pour la quatrième journée consécutive, des experts de la police australienne et néerlandaise n'ont pu se rendre, en raison des combats, sur le site où s'est écrasé à la mi-juillet le Boeing malaisien, a indiqué un responsable néerlandais.

Ce drame, qui a coûté la vie à 298 personnes dont près de 200 Néerlandais, a poussé les Européens à frapper l'économie russe et à passer à la "phase 3" de leurs sanctions, le tir de missile ayant abattu l'avion ayant été attribué aux séparatistes soutenus par Moscou.

or-nm/gmo/sym

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.