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Litige avec fonds "vautours": le salut de l'Argentine pourrait venir de banques privées

L'absence d'accord entre le gouvernement argentin et les fonds "vautours" a relancé la possibilité d'une issue négociée entre un groupe de banques argentines et les fonds spéculatifs NML et Aurelius, pour éviter un défaut durable à l'Argentine.

L'optimisme des économistes argentins n'a pas été douché par les déclarations du ministre argentin de l'Economie, Axel Kicillof, reconnaissant un échec des discussions, rejetant la responsabilité sur le juge américain Thomas Griesa, accusé de favoriser les fonds "vautours".

"Il y a un accord entre banques et vautours, le défaut sera éphémère. Les banques vont racheter la totalité de la dette pour 1,6 milliard de dollars", affirme le quotidien économique argentin Ambito Financiero, qui prévoit une annonce de Wall Street dans la soirée.

L'économiste Aldo Pignanelli est sur la même ligne. "Désormais, assure-t-il, s'ouvre la possibilité d'un accord entre privés. Les banques ont présenté un document au juge Griesa dans lequel elles manifestaient la volonté de racheter la totalité de la dette pour entamer une négociation avec les avocats des fonds vautours".

D'après lui, un compromis pourrait être annoncé mercredi soir ou jeudi.

Lors de sa conférence de presse au consulat d'Argentine à New York, M. Kicillof avait laissé la porte ouverte à un tel épilogue. "Ca ne m'étonne pas qu'une solution entre privés puisse surgir, car cette situation inédite et injuste a créé un problème entre privés", a-t-il dit en référence aux fonds "vautours" et aux autres créanciers restructurés privés de remboursements.

L'agence de notation Standard and Poor's a déclaré mercredi l'Argentine en "défaut sélectif", constatant qu'un versement de 539 millions de dollars n'était pas parvenu au créanciers mercredi, dernier délai pour le paiement.

La faute au juge Griesa, arbitre du litige Argentine-fonds "vautours", répond Buenos Aires, mettant en avant que le versement a été effectué le 26 juin mais qu'il est bloqué par la justice américaine car l'Argentine doit d'abord régler 1,3 milliard aux fonds NML et Aurelius, selon une décision judiciaire américaine.

"Cette information sur les banques a surgi dans les dernières 24 heures. C'est une possibilité. Se pose maintenant la question de ce qu'ils vont faire des bons, car le gouvernement ne leur proposera pas plus que ce qu'il a proposé aux (fonds) vautours", remarque Aldo Ferrer, économiste proche de la présidente de centre-gauche Cristina Kirchner.

En marge des discussions engagées par la délégation argentine avec les fonds "vautours", des émissaires de l'Association des banques argentines (ADEBA) ont exposé mercredi leurs deux proposition aux fonds spéculatifs et au juge Griesa.

La première est que les banques argentines rachètent la dette d'1,3 milliard USD aux fonds "vautours" et se fassent ensuite rembourser par le gouvernement argentin. La seconde était de se porter garantes auprès du juge new-yorkais et des fonds, avant un sursis à exécution de la condamnation, le temps de laisser expirer une clause obligeant Buenos Aires à traiter tous ses créanciers de la même manière.

Contactée mercredi par l'AFP, l'ADEBA a refusé de s'exprimer. Créée en 1972, l'association rassemblant 28 banques privées de capital argentin a pour objectif de "contribuer à la croissance des entreprises et de l'industrie" et de "soutenir les initiatives susceptibles de favoriser le développement du pays et de créer des emplois".

Les banques argentines sont régulièrement critiquées par le gouvernement de Mme Kirchner qui leur reproche de s'enrichir sur le dos des Argentins et d'avoir profité de la crise économique de 2001 qui a conduit à un défaut de paiement de 82 milliards de dollars.

ap/bap

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