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Les Turcs divisés sur le bilan d'Erdogan avant la présidentielle (sondage)

Les Turcs sont profondément divisés concernant le bilan de leur Premier ministre depuis onze ans, Recep Tayyip Erdogan, qui est malgré tout le grand favori de l'élection présidentielle du mois prochain, selon un sondage publié mercredi aux Etats-Unis.

La Turquie va élire pour la première fois son président au suffrage direct le 10 août dans un contexte de vives tensions politiques et d'accusations de corruption dans le gouvernement Erdogan.

Un sondage réalisé par le centre de recherche Pew montre que 44% des 1.001 personnes interrogées entre le 11 avril et le 14 mai estiment que l'ancien maire d'Istanbul et son parti islamo-conservateur AKP (Parti pour la justice et le développement) ont guidé la Turquie dans la bonne direction.

Mais elles sont 51% à ne pas être satisfaites de la route empruntée par leur pays.

"La moitié (des sondés) dit que l'économie se porte bien, tandis que 46% estiment qu'elle est dans un mauvais état. Quelque 48% pensent qu'Erdogan exerce une bonne influence sur le pays, et ils sont autant à considérer qu'il a un impact négatif", a commenté le centre de recherche américain.

Une majorité de Turcs ont soutenu les manifestations qui ont agité le pays l'an dernier, et 55% ont désapprouvé la façon dont le Premier ministre les a réprimées dans la violence.

Au cours de ses années au gouvernement, M. Erdogan a réduit l'influence de l'armée sur la marche du pays mais il affronte actuellement sa plus importante crise avec tout un éventail d'accusations portées contre lui-même et ses proches (corruption, trafic d'or, commerce illégal avec l'Iran).

Les précédents présidents turcs ont surtout joué un rôle protocolaire mais selon le Premier ministre adjoint Bulent Arinc, M. Erdogan devrait être un chef de l'Etat plus présent.

"Si le Premier ministre devient président il sera certainement un président actif. C'est dans sa nature", a indiqué M. Arinc dans un récent entretien à l'AFP.

L'enquête d'opinion a également montré que la confiance en l'armée turque avait fondu, avec seulement 55% des personnes interrogées disant avoir une bonne opinion. En 2007, 85% des Turcs considéraient que l'armée avait un rôle positif.

Par ailleurs, 73% des sondés ont une mauvaise opinion des Etats-Unis, 66% sont opposés à l'Union européenne mais une majorité (53%) souhaite malgré tout l'intégrer. Et sept Turcs sur dix ont une mauvaise image de l'Otan.

La marge d'erreur de ce sondage est de plus ou moins 4,5%.

jkb/elm/bdx

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