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GB: ouverture d'une nouvelle enquête sur la mort de Litvinenko

Une "enquête publique" doit s'ouvrir jeudi sur la mort de l'opposant russe Alexandre Litvinenko, un sujet de discorde entre Londres et Moscou ravivé au moment où la Russie subit de nouvelles sanctions pour son rôle dans la crise en Ukraine.

Cette enquête sur le décès de l'ex-agent russe, empoisonné en 2006 à Londres au polonium, une substance radioactive, est destinée notamment à "identifier qui porte la responsabilité de la mort", avait déclaré la semaine dernière la ministre britannique de l'Intérieur Theresa May en annonçant cette nouvelle enquête.

Après avoir suspendu officielle l'enquête judiciaire ou "inquest" qui était en cours, le magistrat chargé de cette enquête, Robert Owen, doit prononcer, jeudi dans la matinée, une déclaration d'ouverture d'enquête devant la Royal Court of Justice de Londres qui devrait durer une vingtaine de minutes, a précisé à l'AFP un porte-parole du magistrat.

Il doit ensuite ajourner l'audience jusqu'au début de l'année prochaine, selon la même source.

Cette enquête publique doit durer jusqu'à la fin 2015.

Elle s'ouvre au lendemain de l'annonce de nouvelles sanctions américaines et européennes contre la Russie en raison de son implication dans la guerre en Ukraine. Le groupe des pays du G7 a également menacé de sanctionner la Russie si elle refusait "de choisir la voie de la désescalade" en Ukraine.

Downing Street avait cependant assuré la semaine dernière qu'il n'y avait "absolument aucun lien" entre cette annonce et les tensions actuelles autour de l'Ukraine.

"J'espère vraiment que cette enquête offrira du réconfort à (la) veuve" de l'ex-agent russe, avait ajouté Theresa May.

Sa veuve, Marina Litvinenko, s'est dite "soulagée et ravie" de l'annonce de cette enquête qui envoie selon elle aux assassins de son mari le message que "peu importe votre puissance, la vérité l'emportera au bout du compte".

Alexandre Litvinenko, 43 ans, un transfuge du FSB (services de renseignement russes) réfugié au Royaume-Uni, avait bu un thé en novembre 2006 avec Andreï Lougovoï, un agent secret russe, et l'homme d'affaires Dmitri Kovtoun, dans un hôtel londonien.

Il avait succombé peu après à un empoisonnement au polonium.

Le gouvernement britannique avait jusqu'à présent refusé d'ordonner une telle "enquête publique" qui permet notamment, contrairement à ce que son nom suggère, l'examen à huis clos de documents sensibles.

Theresa May voulait initialement attendre les résultats d'une enquête judiciaire ("inquest") sur ce décès.

Le magistrat chargé de cette enquête avait en 2013 regretté être dans l'impossibilité d'examiner le rôle éventuel de l'État russe, et plaidé auprès du gouvernement, sans succès, pour le déclenchement d'une enquête publique pour ce faire.

Après le refus du gouvernement, Marina Litvinenko avait introduit un recours devant la Haute Cour, qui avait estimé en février que la ministre de l'Intérieur devait reconsidérer sa décision.

L'affaire Litvinenko est un sujet de contentieux entre Londres et Moscou, en raison du refus de la Russie d'extrader Andreï Lougovoï, considéré par les enquêteurs britanniques comme étant le principal suspect dans cet assassinat.

"Le cynisme, les mensonges, la tricherie et la fourberie. C'est uniquement comme cela que je peux décrire les actions de l'establishment britannique et la décision de mener une enquête publique", a déclaré Andreï Lougovoï à l'annonce de cette nouvelle enquête, soulignant qu'il n'y participerait pas.

Le Royaume-Uni avait également émis un mandat d'arrêt international contre l'autre suspect, Dmitri Kovtoun, sans succès.

Les relations entre les deux pays s'étaient cependant améliorées à la suite d'une visite du Premier ministre britannique David Cameron en Russie en 2011.

En juillet 2013, Theresa May avait reconnu que la diplomatie avait été l'un des "facteurs" dans la décision de Londres de renoncer à une enquête publique.

mc/abl

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