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Gaza: Israël applique une courte trêve après une intensification des frappes

L'armée israélienne a accepté mercredi une brève trêve de quatre heures dans la bande de Gaza, où une intensification de ses frappes contre le Hamas a encore tué des dizaines de Palestiniens notamment dans un refuge de l'ONU.

Aucune issue diplomatique ne se dessinant clairement, rien n'indique que cette trêve, qui a débuté à 15H00 locales (12H00 GMT) et doit durer quatre heures, connaîtra une autre issue que les précédentes, qui ont toutes volé en éclats.

L'annonce a été accueillie comme "sans valeur" par le mouvement islamiste palestinien Hamas, puisqu'elle ne concerne pas les zones de combats où l'armée est présente au sol.

Les habitants de Gaza ont connu une nouvelle journée de cauchemar, l'armée ayant visiblement décidé d'entrer plus profondément à l'intérieur de l'enclave contrôlée par le Hamas qui a continué à tirer, pour sa part, des roquettes sur Israël sans faire de victime.

Selon un bilan provisoire des secours locaux, près de 80 Palestiniens ont été tués dont de très nombreux civils. Selon l'ONU, ceux-ci représentent les trois-quarts des plus de 1.300 morts comptabilisés par les secours depuis le début le 8 juillet de l'offensive israélienne "Bordure protectrice" destinée à mettre fin aux tirs de roquettes palestiniens.

Dans le camp de réfugiés de Jabaliya (nord), au moins seize Palestiniens, dont des enfants, sont morts par la chute de deux obus sur l'une des 83 écoles de l'ONU utilisées pour accueillir les civils fuyant les combats.

L'Agence pour l'Aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a dénoncé une "grave violation du droit international" par Israël et exigé que "des comptes soient rendus". Elle a réclamé "une action politique déterminée pour mettre un terme immédiat au carnage en cours". Six refuges de l'ONU ont été touchés par des frappes, selon l'UNRWA.

"Des enfants ont été tués alors qu'ils dormaient à côté de leurs parents sur le sol d'une salle de classe", "il s'agit de gens à qui l'armée israélienne avait ordonné de quitter leurs maisons", s'est indigné le patron de l'UNRWA, Pierre Krähenbühl.

Piégés dans un territoire minuscule, enclavé et soumis depuis 2006 à un blocus israélien, dont la frontière égyptienne a été fermée en 2012, les quelque 1,8 million de Gazaouis ne sont nulle part à l'abri..

"Il n'y avait que des enfants, que des jeunes ici. Pourquoi font-ils ça? Où peut aller la population", se désole Hicham al-Masri, l'un des réfugiés.

Israël rend le Hamas responsable de la mort de civils, l'accusant de s'en servir comme "boucliers humains".

La communauté internationale semble impuissante à briser cette infernale spirale de violence.

Berlin a exprimé sa "plus vive inquiétude", tandis que la France condamnait, sans incriminer Israël, le bombardement de Jabaliya. L'Algérie a annoncé étudier une "action arabe commune" avec l'Egypte et le Qatar, allié du Hamas.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a assuré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait évoqué une trêve. Et à en croire l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), le Hamas et son allié du Jihad islamique, seraient prêts à observer un cessez-le-feu de 24 heures.

Mais rien de concret n'a suivi ces déclarations et le dialogue de sourds perdure. Israël a prévenu qu'il ne quitterait Gaza, dont il s'était unilatéralement retiré en 2005, tant que ne serait pas annihilée la menace militaire des groupes armés sur sa population.

Dans une rare déclaration publique, Mohammed Deif, le chef de la branche armée du Hamas, a rejeté tout cessez-le-feu "sans l'arrêt de l'agression et la levée du siège", c'est-à-dire du blocus.

Seule initiative diplomatique annoncée, le déplacement au Caire d'une délégation regroupant les principaux mouvements palestiniens, dont le Hamas, mais qui reste hypothétique.

Le cabinet de sécurité présidé par M. Netanyahu était réuni dans l'après-midi à Tel-Aviv pour discuter d'une proposition égyptienne d'une cessez-le-feu durable, selon la radio militaire.

A en croire les sondages, le gouvernement est soutenu par une opinion publique israélienne qui appuie très majoritairement une poursuite de la campagne militaire.

Elle exige une destruction des roquettes et des tunnels utilisés par le Hamas et le Jihad islamique pour mener des attaques au coeur de l'Etat hébreu.

Deux civils israéliens et un ouvrier thaïlandais ont péri dans des tirs de roquettes depuis le 8 juillet. Les sirènes sonnaient encore dans les villes d'Israël mercredi, avec 23 tirs recensés par l'armée à 13H30 GMT.

Avec 53 morts, l'armée, qui connaît son bilan le plus lourd depuis sa guerre contre le Hezbollah libanais en 2006, est confronté à un adversaire, le dos au mur, de plus en plus aguerri.

Pour preuve, les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont diffusé une vidéo, déjà visionnée près de 800.000 fois sur Youtube, montrant de bout en bout l'opération dans laquelle un de leurs commandos, sorti d'un tunnel, a tué lundi cinq soldats dans une tour de guet près du kibboutz de Nahal Oz. Avant de repartir via le tunnel vers leur base à Gaza, avec au moins un fusil d'assaut israélien comme trophée.

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