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Argentine contre fonds "vautours": Le spéculateur, le juge, la présidente et l'économiste

Paul Singer, spéculateur sans scrupules, Thomas Griesa, magistrat new-yorkais inflexible, Cristina Kirchner, présidente de centre-gauche de l'Argentine, et Axel Kicillof, son ministre de l'Economie, sont les principaux protagonistes du litige entre l'Argentine et les fonds "vautours".

Quand économistes ou politiciens évoquent la nécessité de "réguler" le système financier international, ils visent entre autres les méthodes légales mais peu éthiques de cet as américain de la finance, expert pour s'enrichir quand un pays ou une entreprise se dirigent vers une cessation de paiement. La technique de ce milliardaire est de racheter des titres de dette en dessous de leur valeur et d'en réclamer le double ou le triple en justice.

A 69 ans, ce psychologue de formation, patron du fonds d'investissement Elliott Management, maison-mère de NML qui négocie l'accord, pourrait toucher le jackpot si l'Argentine paie conformément au jugement de la justice américaine. S'il avait réussi un joli coup au Pérou en récupérant 58 millions de dollars pour une mise de 20 millions, il compte cette fois-ci encaisser 832 millions pour un achat en 2008 de titres à prix cassé pour 48 millions.

Ce donateur du Parti républicain avait soutenu Mitt Romney lors de la présidentielle de 2012 aux Etats-Unis.

Thomas Griesa, 83 ans, juge fédéral nommé par Richard Nixon en 1972, a le dossier en main depuis 10 ans et une fois l'affaire terminée, il pourra prendre sa retraite et séjourner dans son ranch dans son ranch du Montana. Dans un jugement controversé, il a donné raison aux fonds "vautours" face à l'Argentine, une décision questionnée par de nombreux experts qui estiment que ce précédent pourra désormais dissuader les créanciers d'accepter des allègements de dette de pays en difficulté.

Pour le New York Times, certaines de ses décisions "n'inspirent pas confiance dans le système judiciaire américain".

La présidente Cristina Kirchner n'a cessé de mettre en doute son impartialité : "Il n'est pas juge" car il ne respecte pas "l'égalité devant la loi", a-t-elle encore dit mardi.

Mme Kirchner, 61 ans, aimerait quitter le pouvoir fin 2015 avec une dette assainie. Elle revendique que pendant la présidence de son époux Nestor (2003-2007) et la sienne (depuis 2007), l'endettement de l'Argentine est passé de 160% à 40% du PIB, grâce aux exportations agricoles, notamment de soja.

La présidente de centre-gauche réclame une issue "juste et équitable" pour la 3e économie d'Amérique latine dans le contentieux avec les fonds. Elle refuse d'appliquer la décision du juge Griesa en justifiant que l'Argentine remboursera tous ses créanciers sans accorder un traitement de faveur aux fonds "vautours" qu'elle accuse de tentative d'"extorsion".

Combative, à l'aise dans la confrontation, agressive et mauvaise gestionnaire selon ses détracteurs, elle a érigé en cause nationale la bataille contre les fonds spéculatifs NML Capital et Aurelius et réduit au silence l'opposition sur cette question délicate.

Depuis le début du conflit, Mme Kirchner a souvent envoyé en première ligne son ministre de l'Economie Axel Kicillof, un économiste keynésien opposé au modèle ultra-libéral, âgé de 42 ans et au style décontracté.

Nommé en novembre, il s'est imposé comme un homme de confiance de la présidente et irrite autant qu'elle les milieux d'affaires en défendant une forte intervention de l'Etat dans l'économie.

Il s'était fait connaître du grand public en orchestrant la nationalisation de la compagnie pétrolière nationale YPF en 2012, alors propriété de l'espagnol Repsol.

Depuis sa nomination, il a été l'artisan du rapprochement de l'Argentine, considérée comme une pestiférée sur tous les marché financiers depuis son défaut de paiement de 2001, avec les institutions financières internationales, telles que le FMI ou le Club de Paris.

ap/hdz/phv

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