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Alstom lance sa "coentreprise" pour produire des trains en Afrique du Sud

Le groupe français Alstom a lancé mercredi à Johannesburg la "coentreprise" chargée de construire en dix ans 600 trains de banlieue destinés aux villes sud-africaines, un méga-contrat représentant un an de chiffre d'affaires pour Alstom Transport.

"Nous sommes maintenant une compagnie sud-africaine", a lancé à cette occasion Marc Granger, un cadre d'Alstom devenu directeur général de Gibela, coentreprise détenue à 61% par le groupe français et à 39% par des partenaires locaux noirs.

Prasa, l'agence publique chargée des transports de voyageurs en Afrique du Sud, a commandé à Alstom 600 trains de six voitures, pour 51 milliards de rands (3,6 milliards d'euros au cours actuel), auquel s'ajoute la maintenance du matériel pendant dix-neuf ans.

Si les 20 premiers trains seront fabriqués au Brésil --en partie avec des matériaux et composants sud-africains--, Gibela va construire aux environs de Johannesburg une nouvelle usine pour les 580 suivants.

Le premier train doit être livré à la mi-2016.

Gibela doit embaucher 1.500 personnes, et le contrat va permettre de créer "des milliers" d'emplois indirects, selon M. Granger.

"Notre ambition est d'atteindre 70% de composants locaux une fois que nous aurons atteint notre rythme de fabrication, ce qui est très ambitieux", a-t-il relevé. Prasa exigeait 65% de "made in South Africa".

Les trains de banlieue sud-africains transportent 2,3 millions de personnes tous les jours, en grande majorité des personnes de couleur habitant des townships des agglomérations de Johannesburg-Pretoria, du Cap et de Durban.

Négligé sous le régime ségrégationniste de l'apartheid, le réseau a juste été maintenu en état de marche depuis sa chute en 1994. Plus de 90% des trains ont plus de cinquante ans, et les passagers incendient régulièrement les wagons pour protester contre les pannes et les retards récurrents.

Prasa s'est cependant enfin lancée dans un vaste programme de modernisation, qui passe par la rénovation des voies et le renouvellement de la flotte --dont le contrat à Alstom est le premier volet.

"L'idée est d'améliorer le service pour transformer les trains de banlieue en un mode de transport qui soit choisi (et non plus subi) par les Sud-Africains", a souligné Marc Granger mercredi.

Le groupe français ne compte pas en rester là une fois son usine construite. "Espérons le, Gibela remportera d'autres succès, en particulier la deuxième tranche de 600 trains qui doit suivre" conformément aux ambitions de Prasa, a remarqué Gian-Luca Erbacci, le directeur de la région Moyen-Orient et Afrique d'Alstom Transport.

liu/jmc

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