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27/07/2014 07:22 EDT | Actualisé 26/09/2014 05:12 EDT

Ukraine/Crash: intenses combats près du site, les policiers étrangers annulent leur déplacement

Les combats faisaient rage dimanche à proximité du site du crash de l'avion malaisien dans l'est de l'Ukraine forçant les policiers néerlandais et australiens à annuler leur déplacement dans cette zone contrôlée par les séparatistes prorusses.

Des tirs d'artillerie étaient entendus à un kilomètre du site et il y avait de la fumée noire, rapporte un photographe de l'AFP qui a vu des gens s'enfuir. Un check-point rebelle à proximité a été abandonné.

Dix jours après le crash du Boeing 777 de Malaysia Airlines qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur avec 298 personnes à bord, des fragments de corps et des débris sont toujours éparpillés sur le site où les inspecteurs n'ont eu qu'un accès limité.

Trente experts médicaux-légaux néerlandais ainsi que des policiers non armés de ce pays et de l'Australie s'apprêtaient à se rendre sur le site dimanche matin, mais y ont renoncé pour des raisons de sécurité.

- Situation sécuritaire "inacceptable" -

"Les combats se poursuivent. Nous ne pouvons pas prendre de risques", a déclaré Alexander Hug, responsable de la mission de l'OSCE sur place.

"La situation en matière de sécurité sur la route vers le site et sur le site même est inacceptable pour une mission d'observation non armée", a-t-il souligné en ajoutant qu'ils pourraient tenter de s'y rendre lundi.

Le ministère néerlandais de la Justice a pour sa part souligné qu'il n'y avait pas d'"accès sûr" pour les 30 experts en médecine légale néerlandais qui ne vont pour l'instant bouger de Donetsk, chef-lieu régional.

"La situation est trop instable pour travailler sur le site", souligne le ministère néerlandais dans un communiqué.

Peu avant ce regain de tension, le gouvernement malaisien a annoncé un accord avec les séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine sur le déploiement d'une mission policière internationale pour sécuriser le site et y permettre une enquête indépendante.

Cette mission sera composée de policiers malaisiens au nombre de 68 qui partiront mercredi de Kuala Lumpur pour le site ainsi que des forces néerlandaises et australiennes, deux pays qui ont payé un lourd tribut ayant respectivement perdu dans le drame 193 et 28 de leurs ressortissants, a annoncé le gouvernement malaisien dans un communiqué.

Les troupes néerlandaises et australiennes sont depuis quelques jours en stand-by pour se rendre en Ukraine.

Les Pays-Bas sont en charge du processus d'identification des victimes et mènent l'enquête sur les causes du crash du Boeing 777 de la Malaysia Airlines abattu par un missile.

Une série d'éléments ont conduit Kiev et les Occidentaux à montrer du doigt les rebelles prorusses et leurs protecteurs au Kremlin.

Une équipe médico-légale néerlandaise s'était déjà rendue sur le site, mais pas la police scientifique en charge de l'enquête, et ce pour des raisons de sécurité.

De nombreux corps ont déjà été emmenés aux Pays-Bas où une première victime a été identifiée samedi, mais 71 manquent encore.

- Mission de sécurisation délicate -

Le travail est compliqué par des combats entre loyalistes et séparatistes qui s'intensifient dans la région malgré un cessez-le-feu fragile aux abords directs du site.

Dans ce contexte, la sécurisation du site est cruciale, mais la mission est délicate, les insurgés prorusses et la Russie étant plutôt réticents quant à la présence d'étrangers armés dans la zone de conflit.

L'Australie a insisté dimanche sur le caractère "non menaçant" de cette force.

Quant au déploiement d'une mission policière armée négociée entre Kiev, La Haye et Canberra, son déploiement doit être entériné par le Parlement ukrainien à huis clos lors d'une session extraordinaire jeudi.

Selon les médias néerlandais, les chefs des diplomaties néerlandaise Frans Timmermans et australienne Julie Bishop pourraient revenir lundi à Kiev afin de pousser les autorités ukrainiennes à avancer ce vote, Mme Bishop jugeant qu'il était prévu "trop tard".

"Tout ce que nous voulons consiste à sécuriser le site afin qu'il puisse être inspecté en détail et ramener tous les restes", a souligné Mme Bishop auprès de la télévision Channel Ten, depuis Amsterdam.

Les insurgés prorusses, critiqués avec virulence dans le monde pour leur gestion du site et le traitement réservé aux corps ont de leur côté déclaré qu'un wagon contenant des effets personnels des victimes avait été transmis aux autorités néerlandaises.

Le wagon a été placé sous scellés et est prêt a être dirigé hors du territoire de la République populaire de Donetsk autoproclamée, a déclaré Sergueï Kavtaradze, un responsable séparatiste.

Sur le terrain, l'armée ukrainiennes qui a repris cette semaine aux rebelles plusieurs grandes villes avançaient vers Donetsk, chef-lieu régional et place forte des séparatistes.

Des tirs d'artillerie étaient forts et nombreux et de plus en plus proche du centre-ville où étaient tirés des rafales de kalachnikov.

burs-neo/ros