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27/07/2014 07:03 EDT | Actualisé 26/09/2014 05:12 EDT

Le Concordia, un palace flottant fleuron du savoir-faire italien

Le navire de croisière Concordia, naufragé dans la nuit du 13 janvier 2012 devant l'île toscane de Giglio, était le fleuron de l'armateur italien Costa, qui avait fait de ce palace flottant long comme trois terrains de football un temple consacré au divertissement et au bien-être.

Tout comme le Titanic à son époque, le Concordia accumulait à lui seul tous les superlatifs. Navire amiral de la flotte Costa depuis son lancement en 2006, ce tour de force des chantiers navals italiens Fincantieri était le plus grand navire jamais construit en Italie: 290 mètres de long pour 38 de large.

Pour manoeuvrer et entretenir ce géant des mers comptant dix-sept ponts, dont quatorze ouverts aux passagers, pas moins de 1.068 membres d'équipage étaient nécessaires, ce qui en faisait une ville flottante pouvant accueillir jusqu'à 3.780 passagers. Ils étaient répartis sur 1.500 cabines, dont 505 avec balcon privé, auxquelles venaient s'ajouter 70 luxueuses suites.

Pour nourrir tout ce petit monde, cinq restaurants, dont le très exclusif "Club Concordia" où les tables n'étaient disponibles que sur réservation: la clientèle visée était haut de gamme.

A l'heure de l'apéritif ou du digestif, le passager avait le choix entre treize bars thématiques aux noms évocateurs: "Cognac et cigare" ou encore "Café et chocolat".

Mais c'est avant tout par ses services consacrés au "bien-être" que le Concordia s'était distingué dès ses débuts: cinq jacuzzis, quatre piscines dont deux avec toiture de verre amovible, terrain de sport multi-activités, parcours de jogging en plein air...

Cerise sur le gâteau: le Samsara Spa, présenté officiellement comme le plus grand centre de soins et de remise en forme à bord d'un navire.

Cet espace de 6.000 m2 sur deux étages permettait au passager de suivre une véritable cure durant son voyage. Avec en ligne de mire les aficionados de la remise en forme. 55 cabines disposaient d'ailleurs d'un accès direct sur ce club exclusif.

A l'intérieur, les corps esseulés n'avaient que l'embarras du choix: salle de sport, balnéothérapie, salles de soins, sauna, hammam, solarium...

Une fois reposés, les passagers pouvaient se rendre au théâtre aménagé sur trois étages, ou, pour les plus joueurs, au casino, sans oublier la discothèque où étaient organisées des soirées thématiques dignes de "La croisière s'amuse".

Pour les plus sérieux, le Concordia disposait d'un accès Internet et d'une bibliothèque, tandis que les accros du shopping pouvaient s'adonner à leur passe-temps favori dans les dizaines de boutiques dont s'enorgueillissait le navire.

Ceux qui n'avaient pas trouvé leur bonheur pouvaient encore se réfugier devant le simulateur automobile "Grand Prix" ou regarder un film sur l'écran géant installé sur le pont piscine.

Sur le plan technique, ce navire de 114.500 tonnes était équipé de deux moteurs d'une puissance équivalente à 21 MW lui permettant d'atteindre une vitesse maximale de 23 noeuds. En maintenant une vitesse de croisière de 21,5 noeuds, le Concordia disposait d'une autonomie de 10 à 14 jours.

Toutefois, dans les milieux souvent superstitieux des marins, ce palace flottant avait la réputation d'être "la maudite". Son baptême s'était en effet déroulé en 2006 sous de mauvais augures: la bouteille de champagne lancée en direction de sa coque ne s'était pas cassée.

Le Concordia avait en outre enregistré un premier accident en 2008 à Palerme. A son entrée dans le port, lors d'une brusque tempête, il avait été déporté par de grosses vagues. Un choc avait provoqué une vaste fissure entre sa proue et son flanc droit, qui n'avait eu cependant aucune conséquence pour les passagers et l'équipage.

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