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27/07/2014 12:17 EDT | Actualisé 26/09/2014 05:12 EDT

GP de Hongrie: Ricciardo gagne, Hamilton bat Rosberg

L'Australien Daniel Ricciardo (Red Bull) a remporté dimanche, au bout du suspense, un Grand Prix de Hongrie complètement fou, nouvel épisode savoureux du duel de plus en plus acharné entre les pilotes Mercedes, Lewis Hamilton et Nico Rosberg.

Parti des stands, le Britannique a été le héros du jour puisqu'il a terminé 3e et donc sur le podium, après avoir refusé de ralentir pour laisser passer, au 50e tour, son coéquipier et rival pour le titre mondial.

"J'ai été choqué que l'équipe me demande de ralentir pour laisser passer Nico (avant le 3e et dernier arrêt au stand de l'Allemand, pour changer de pneus). Ca lui aurait sûrement permis de me dépasser en fin de course", a expliqué Hamilton.

"Je suis content d'avoir pris la bonne décision pour moi-même", a ajouté le champion du monde 2008, pour qui ce podium est "une belle revanche sur l'adversité". Il a ensuite reçu le soutien de Niki Lauda, le triple champion du monde et président de Mercedes-AMG: "Il a bien fait de ne pas nous écouter, j'aurais fait la même chose".

Hamilton, parti dernier, dans les stands, au volant d'une Mercedes complètement neuve, suite à des qualifications gâchées par un incendie, est parti à la faute dès le 2e virage, a chatouillé le rail de sécurité, puis il est reparti à la charge pour aller chercher des points précieux, comme à Hockenheim dimanche dernier (20e au départ, 3e à l'arrivée).

- 2e victoire pour Ricciardo -

Ce nouvel épisode du duel Rosberg-Hamilton a quelque peu éclipsé la victoire de Ricciardo, amplement méritée et fruit d'une stratégie parfaitement mise en oeuvre par l'écurie championne du monde en titre.

"C'est aussi bon que la première victoire. Je me suis bien amusé et j'ai su saisir ma chance en fin de course", a réagi Ricciardo, 25 ans. La première victoire, c'était début juin au GP du Canada.

L'Australien est parti sur la 2e ligne avec des pneus intermédiaires, comme tout le monde, car la piste avait été rincée par un gros orage 45 minutes avant le départ. Il a doublé Hamilton au 67e tour, puis Fernando Alonso (Ferrari) au 68e des 70 tours prévus, grâce à un train de pneus neufs montés sur sa RB10 lors de son 3e arrêt au stand.

Les deux champions du monde n'ont pas pu résister longtemps quand Ricciardo a décidé de les attaquer. Ils se consoleront avec un résultat inespéré, notamment pour la Scuderia du fantastique Fernando: "Je suis extrêmement satisfait et très fier", a dit le double champion du monde espagnol. "C'était une course très compliquée, nous avons fait un pari et ça a failli marcher", a-t-il ajouté au sujet de sa stratégie à deux arrêts seulement, comme Hamilton.

- 2e victoire pour Red Bull et Renault -

C'est la 2e victoire de Red Bull et de Renault cette saison, alors que Mercedes-AMG a raflé les neuf autres manches. C'était le 100e GP des Flèches d'Argent en F1, en comptant aussi les 12 courses disputées par Juan Manuel Fangio et ses amis dans les années 1954 et 1955. Il n'a pas été remporté par un pilote Mercedes mais Hamilton a préservé l'intérêt du championnat en terminant devant Rosberg.

Le leader du championnat, parti en pole position, a donc terminé 4e, au pied du podium. Prudent, voire même diplomate, il n'a pas souhaité réagir à chaud sur l'attitude d'Hamilton. L'essentiel est ailleurs: il dispose encore de 11 points d'avance sur l'Anglais après cette 11e manche de la saison 2014.

Le suspense a été total, de bout en bout, entretenu aussi par deux sorties de la voiture de sécurité, et donc deux neutralisations destinées à permettre aux commissaires de nettoyer des débris de carbone sur la piste du Hungaroring.

La première a été provoquée par deux sortie de piste d'affilée, celles de Marcus Ericsson (Caterham) et Romain Grosjean (Lotus) sur une piste encore glissante, au 9e tour. La deuxième, au 23e tour, par un tête-à-queue spectaculaire de Sergio Pérez (Force India), avec le même résultat: voiture cassée, contre le rail.

"C'était un week-end un peu fou", a bien résumé Hamilton. C'était surtout une course phénoménale, haletante, trépidante, digne de la légende de la F1. Pilotes, mécanos et ingénieurs partent en vacances et se retrouveront le 24 août pour le GP de Belgique. Des vacances qui tombent à pic, notamment pour l'écurie Mercedes-AMG.

dlo/jgu