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27/07/2014 04:49 EDT | Actualisé 25/09/2014 05:12 EDT

Gaza: le Hamas se dit prêt à une trêve mais les affrontements continuent

JÉRUSALEM - Les affrontements entre Israël et le Hamas ont repris de plus belle dans la bande de Gaza, dimanche, malgré les tergiversations sur un cessez-le-feu temporaire, après près de trois semaines de combats et à l'approche d'une importante fête musulmane.

Après avoir initialement rejeté la proposition de trêve de 24 heures formulée par Israël samedi, le Hamas a déclaré dimanche qu'il avait accepté de baisser les armes à l'approche de l'Aïd el-Fitr, une grande fête qui marque la fin du Ramadan. Mais alors que le cabinet israélien était réuni pour discuter de l'offre et de la poursuite de la guerre, une pluie de roquettes s'est abattue sur le territoire israélien, tandis que les frappes israéliennes se poursuivaient dans la bande de Gaza. Chaque camp a accusé l'autre de saboter les efforts de paix.

Le Hamas a affirmé avoir repris les tirs de roquettes «à cause du manque d'engagement» d'Israël. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a quant à lui déclaré que le Hamas avait montré qu'il n'était pas digne de confiance parce qu'il avait violé de précédentes trêves. Les diplomates internationaux espéraient que le bref cessez-le-feu de 12 heures observé samedi puisse être prolongé en trêve à plus long terme.

Dimanche, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est entendu sur une déclaration demandant «un cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans condition» et doit tenir une rencontre à minuit pour l'adopter. Le Rwanda, qui préside actuellement le Conseil, a annoncé, dimanche, une entente sur une déclaration présidentielle exigeant aussi des parties «de s'engager dans des efforts pour réaliser un cessez-le-feu durable et respecté en tous points, à partir de l'initiative égyptienne».

La déclaration présidentielle, dont l'Associated Press a obtenu copie, mentionne que le cessez-le-feu humanitaire permettrait la livraison d'assistance urgemment nécessaire. Elle presse aussi Israël et le Hamas «d'accepter et de mettre totalement en place le cessez-le-feu humanitaire pendant la période de l'Aïd el-Fitr et au-delà».

Les 20 jours de conflit ont tué plus de 1030 Palestiniens, en majorité des civils, en plus de faire quelque 6000 blessés, selon les autorités palestiniennes. Israël a perdu 43 soldats, tandis que deux civils et un employé thaïlandais ont été tués par des tirs de roquettes et d'obus de mortier provenant de la bande de Gaza.

Après l'appel au cessez-le-feu du Hamas, dimanche, une frappe israélienne a touché un véhicule transportant des employés municipaux qui allaient réparer des conduites d'eau, tuant une personne, a indiqué le Croissant-Rouge palestinien.

Selon la police palestinienne, des chars israéliens ont tiré des obus sur des zones densément peuplées du sud de la ville de Gaza. Un obus a atteint un édifice résidentiel et plusieurs autres se sont abattus sur un autre bâtiment. La marine israélienne a également recommencé à tirer sur la côte de l'enclave palestinienne, selon la police. L'armée israélienne a précisé avoir frappé une quarantaine de cibles dimanche.

Dans le sud d'Israël, une personne a été blessée et une maison a été endommagée par une roquette tirée de la bande de Gaza, a annoncé la police israélienne. L'armée a indiqué que plus de 50 roquettes avaient été tirées en Israël dimanche.

À l'approche de l'Aïd el-Fitr, un fête de trois jours qui doit commencer lundi, les familles de Gaza devraient normalement être plongées dans les préparatifs. Les enfants reçoivent traditionnellement de nouveaux vêtements et de nouvelles chaussures et se font couper les cheveux, tandis que les familles se rendent visite.

Mais les affaires tournaient au ralenti dimanche dans le marché en plein air du camp de réfugiés de Jabaliya, où les vendeurs attendaient les rares clients derrière leurs étals de vêtements et de chaussures. Hamed Abou Atta, un vendeur de chaussures de 22 ans, a indiqué qu'il n'avait encore rien vendu trois heures après l'ouverture de son commerce.

M. Atta a expliqué que sa famille et lui avaient trouvé refuge chez des proches après avoir fui le quartier Chijaya, dans l'est de la ville de Gaza, qui a connu de violents affrontements. Il a indiqué qu'un de ses cousins et trois autres proches faisaient partie des personnes tuées dans ce quartier la semaine dernière.

«Nous ne pouvons pas nous réjouir en ce moment», a-t-il dit quand on lui a demandé s'il fêterait l'Aïd el-Fitr.

Pendant ce temps, l'armée israélienne a admis, dimanche, avoir tiré un obus de mortier tombé sur une école de l'ONU dans la bande de Gaza la semaine dernière, mais a affirmé que la cour de l'école était vide à ce moment et que le tir ne pouvait avoir fait de victimes.

Les autorités palestiniennes affirment que trois obus tirés par des chars d'assaut ont touché l'école à Beit Hanoun jeudi, faisant 16 morts et de nombreux blessés.

L'école servait d'abri aux civils palestiniens déplacés par les affrontements. Des témoins ont raconté qu'au moment de l'incident, ils se dépêchaient d'évacuer les lieux à cause des violences qui se déroulaient à proximité.

L'armée israélienne affirme avoir prévenu les résidants d'évacuer les lieux des jours plus tôt.

Plus de 160 000 Palestiniens ont trouvé refuge dans des dizaines d'écoles gérées par l'ONU à travers la bande de Gaza, soit huit fois plus qu'au début de l'offensive terrestre il y a plus d'une semaine, selon les Nations unies.