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27/07/2014 09:40 EDT | Actualisé 26/09/2014 05:12 EDT

Fièvre Ebola en Sierra Leone: premier cas confirmé à Freetown

La capitale sierra-léonaise, Freetown, a enregistré son premier cas confirmé de fièvre Ebola, une femme retirée de force de l'hôpital par ses proches et finalement décédée samedi dans le pays où l'épidémie a fait plus de 200 morts, selon une source officielle dimanche.

Saudatu Koroma, une apprentie coiffeuse de 32 ans, avait été admise dans un hôpital public dans la banlieue ouest de Freetown le 23 juillet avec les symptômes de la fièvre Ebola, où elle a été testée positive au virus, a expliqué à l'AFP le porte-parole du ministère sierra-léonais de la Santé, Sidi Yahya Tunis.

Puis vendredi, "son père et sa mère l'ont emmenée de force de l'hôpital", poussant les autorités à diffuser des avis à la télévision et à la radio nationale pour permettre de la retrouver, ce qui l'avait convaincue elle-même de retourner à l'hôpital, a indique M. Tunis.

Elle était sur le chemin pour le centre de traitement de Kenema (est) lorsqu'elle est décédée, "elle était sévèrement déshydratée, faible et pouvait à peine parler", a-t-il ajouté, soulignant qu'il s'agit du premier cas confirmé d'Ebola à Freetown.

Selon lui, "des échantillons de sang prélevés sur le père et la mère (de Mme Koroma) sont actuellement en cours d'analyse". En outre, la maison où elle habitait dans un quartier de l'est de Freetown, ainsi que tous ceux qui y résident, ont été placés en quarantaine pour une durée de 21 jours.

Dans la capitale, où aucun dispositif particulier de prévention n'était visible dimanche, les habitants semblaient indifférents à ces développements et vaquaient à leurs occupations habituelles, selon un journaliste de l'AFP.

Au ministère de la Santé, on assure cependant que Freetown a été placée sous surveillance épidémiologique accrue, et que les campagnes de sensibilisation et de prévention ont été intensifiées. La population est invitée à signaler aux autorités sanitaires et cliniques les plus proches tout cas suspect.

En outre, un centre de traitement dédié au virus Ebola - qui n'existe auparavant que dans l'est du pays, plus affecté par l'épidémie - est en train d'être installé dans l'enceinte de l'hôpital Lakka (banlieue ouest), où le personnel médical était formé pour la prise en charge des cas suspects et confirmés.

Le 23 juillet, le ministère avait annoncé qu'un responsable médical du centre anti-Ebola de Kenema, le docteur Omar Khan, avait été infecté par le virus et admis dans un centre dans une autre ville de l'Est.

Dr Khan demeurait hospitalisé dimanche "mais il réagit bien au traitement", a indiqué à l'AFP un autre responsable au ministère de la Santé, Abubakarr Fofana, sans plus de détails.

Selon le dernier bilan communiqué par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Sierra Leone est devenu le nouvel épicentre de l'épidémie de fièvre Ebola, qui s'est déclarée d'abord en Guinée au début de l'année et affecte également le Liberia.

Dans ces trois pays, à la date du 20 juillet, au total 1.093 cas avaient été signalés dont 660 mortels. En Sierra Leone, le bilan était de 454 cas dont 219 mortels.

Vendredi, le Nigeria a annoncé qu'un ressortissant libérien est mort de fièvre Ebola à Lagos, la plus grande ville d'Afrique, le premier signalé dans le pays, qui a placé samedi tous ses ports et aéroports en alerte pour prévenir une propagation.

La fièvre Ebola se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées. Son taux de mortalité peut aller de 25 à 90% chez l'homme, il n'y a pas de vaccin homologué contre elle.

Le virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus de personnes ou d'animaux infectés.

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