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Ukraine: le site du crash toujours jonché de morceaux de corps

Au milieu d'un champ de tournesol dans l'est de l'Ukraine, des bâtons entourés de rubans blancs indiquent toujours la présence de restes humains. Neuf jours après le crash du vol MH17, 71 corps manquent encore.

Au loin, des agriculteurs moissonnent les champs de blé et contournent les débris de l'avion, alors que résonnent les sourdes détonations des combats entre les forces loyalistes et les séparatistes, à quelques dizaines de kilomètres.

Les experts "définissent les coordonnées GPS" des restes des victimes et des débris, explique Michael Bociurkiw, porte-parole de la mission de l'OSCE en Ukraine.

Leur présence, et celle de représentants des gouvernements australien et néerlandais, qui les accompagnent, est saluée par plusieurs habitants, comme Galina Nemenko, une femme au foyer de 51 ans qui vit à Petropavlivka, un village en ruine non loin.

"Ils peuvent venir et vivre ici s'ils le veulent!", assure-t-elle, en discutant avec ses voisins.

Tandis que Galina regarde passer les Land Rover blanches couvertes de boue de l'équipe des inspecteurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), une femme lui lance: "Tant qu'ils sont là, il n'y aura pas de combats!".

Un cessez-le-feu a en effet été accepté par les forces ukrainiennes et les séparatistes autour du site du crash du Boeing 777 de Malaysia Airlines, abattu par un missile le 17 juillet, avec à son bord 298 personnes, dont une majorité de Néerlandais.

L'avion transportait aussi 28 Australiens et neuf résidents permanents en Australie, qui s'apprête à envoyer des soldats sur le site du crash, à l'instar des Pays-Bas. Des représentants des deux pays accompagnent les experts de l'OSCE.

"Je pense qu'ils devraient garder la zone", confie Tetiana Gribova, 16 ans, qui se fraie un chemin avec peine parmi les débris de l'avion. "Nous avons besoin de savoir ce qui s'est vraiment passé".

"Notre terre, nos routes, sont ouvertes à tous. Cela ne nous embête pas qu'il y ait des étrangers qui viennent ici. Nous aussi, nous avons besoin de savoir la vérité", renchérit Svitlana Korotich, bibliothécaire de 53 ans.

D'autres habitants du coin semblaient étonnés lorsque des journalistes de l'AFP ont évoqué l'arrivée d'inspecteurs internationaux sur les lieux de la tragédie.

"Quoi? Ils viennent d'Australie et des Pays-Bas? Vraiment? Pourquoi ont-ils besoin de venir ici? Qu'y a-t-il à surveiller?", s'exclame un homme, qui répare sa moto.

Les inspecteurs examinent les débris de l'avion, avec un intérêt particulier pour ceux qui semblent avoir subi des éclats, éparpillés dans trois périmètres, autour des villages de Grabove, Petropavlivka et Rozsypné.

Ils sont accompagnés d'un groupe de rebelles portant les uniformes de la police anti-émeute Berkout, dissoute pour son rôle dans la violente répression des manifestations sur le Maïdan, à Kiev.

Les experts ont indiqué avoir trouvé des cartes de crédit, des passeports et autres affaires personnelles des victimes qui semblaient avoir été déplacés.

Mais une fois examinés, ces objets, ainsi que les débris ou les morceaux de corps humains restent à leur place.

Le comité international de la Croix-Rouge a souligné dans un communiqué "le besoin d'agir rapidement et de suivre les bonnes procédures dans la recherche, la récupération, le transport et l'identification des restes des victimes", alors que seuls 227 sur 298 corps ont été retrouvés, selon les autorités néerlandaises.

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