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Reda Saoui et Bruno Ly au Zoofest : un fauteuil pour deux (CRITIQUE)

Lorsque l’on assiste à un spectacle d’humour, on s’attend forcément à rire. Si l’on peut réfléchir du même coup, on en ressort que plus satisfait. Le spectacle que Bruno Ly et Reda Saoui ont présenté jeudi soir en première à l’Espace Zoofest dans une formule de deux fois trente minutes s'inscrit parfaitement dans cette logique.

En toute simplicité – depuis l’arrière-scène, en voix off et sans musique pour l’accompagner – Reda Saoui a invité son ami, Bruno Ly, à briser la glace avec un peu moins de 30 minutes de matériel.

Le succès, l’accomplissement et la richesse sont tous des thèmes avec lesquels l’humoriste sénégalais a jonglé pendant la demi-heure qui lui était réservée. « Enfin il y a un blanc qui nous donne notre chance ! a-t-il lancé d’entrée de jeu. Parce que derrière la persévérance du métier, il y a toujours un jeune blanc quinquagénaire qui donne [la première] chance ».

L’humoriste a ensuite enchaîné en parlant de l’importance de persévérer dans la vie. «Quand je pense à la persévérance, je pense à Morgan Freeman. Il a réussi à 50 ans… Il est vieux depuis que l’on est tout petit !» a-t-il fait remarquer.

Bruno Ly s’est avancé par ailleurs sur la sous-représentation des communautés culturelles dans les médias québécois. Un sujet délicat, mais qui, bien ficelé, a valu l’une des plus belles propositions de ce spectacle.

« Les émissions qui sont tournées à Montréal ne représentent pas la réalité culturelle de la métropole, a-t-il dit. C’est comme si j’allais à Paris et que je n’exploitais pas [leur] côté désagréable ».

Puis, le trentenaire a poursuivi en parlant de justice sociale, de ses expériences en tant que personne de race noire à l’extérieur de Montréal, là «où il n’y a plus de panneaux», et de l’enfance privilégiée qu’il a eue grâce à ses parents qui étaient des diplomates.

Au passage, il s’est permis une parenthèse sur les employés de la Croix-Rouge qui sollicitent les passants devant les stations de métro. Lorsque ces derniers l’interpellent tôt le matin en lui demandant s’il a une minute à leur accorder, il leur répond avec sarcasme : « J’ai tout mon temps mon vieux. Je me suis levé à 6h30, un lundi matin, en me disant : "Tiens, j’ai rien à foutre aujourd’hui. Pourquoi pas une balade dans le métro ?" »

Après quoi, Reda Saoui a pris le relais du spectacle. À ce moment, il faut dire que le public était déjà bien réchauffé.

Reda s’est affirmé tout bonnement avec plusieurs bons monologues, dont certains que l’on avait déjà entendus lors de son passage à l’émission En route vers mon premier gala. Malgré quelques défauts techniques – rien de grave – il a donné ses couleurs à ces 60 minutes. Plus énergique que son prédécesseur, il a d’abord parlé de l’itinérance à Montréal, de la vie « stressante » en ville (qui aboutira à une imitation d’un écureuil qui a fait bien rire l’assistance), des talk-shows français où l’on s’entrecoupe davantage que l’on débat et de l’homosexualité chez les musulmans. Un tabou, admettra-t-il. Il terminera cette partie du spectacle en interprétant un musulman qui fait son coming-out. Les rires ont fusé de partout.

Avec ce spectacle, on ne pourra pas leur en vouloir d’avoir uni leur talent à l’intérieur d’un même 60 minutes. Les deux humoristes qui gagnent à être connus ont enchaîné les blagues sans hésitation ni temps mort.

Reda Saoui et Bruno Ly ne réinventent certes pas l’humour, mais dans la même continuité que les grands humoristes américains, ils démontrent que le stand-up est un art qu’ils maîtrisent sans trop d’embûches.

Alors quand Reda et Bruno répètent qu’ils ont travaillé fort, on les croit.

« Double tête d'affiche - Fashion et victime » est présenté à l’Espace Zoofest les 1 et 2 août à 20h30.

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