Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Incidents et interpellations lors d'un rassemblement propalestinien interdit à Paris

Une quarantaine de personnes au moins ont été interpellées samedi à Paris en marge d'une manifestation propalestinienne interdite, où les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène face à un groupe qui leur lançait des projectiles.

Alors que le défilé avait été interdit par la police qui invoquait le risque de violences, quelque 5.000 personnes s'étaient rassemblées à 15h00 (13h00 GMT) place de la République, point de départ initialement prévu du cortège, mais sans chercher à défiler. Les forces de l'ordre avaient toléré le rassemblement tout en maintenant un important dispositif de sécurité autour de la place.

Les journalistes de l'AFP ont vu des personnes lancer des cannettes en direction des forces de l'ordre, qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogène, face à un service d'ordre du rassemblement manifestement dépassé

De jeunes, certains cagoulés ou le visage masqué par des foulards, jetaient également divers projectiles, des pierres notamment, sur des vitrines de magasins. Un abribus a été détruit.

Selon une source policière, une quarantaine de personnes ont été interpellées, dont une vingtaine placées en garde à vue.

La justice française avait confirmé à la mi-journée l'interdiction de la manifestation décidée par la police. Et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait solennellement appelé les organisateurs à renoncer à leur initiative, avertissant qu'ils seraient tenus pour "responsables d'éventuels débordements (...) et passibles de sanctions pénales".

Au total, environ 2.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés dans la capitale, déployés place de la République et dans le quartier de la Bastille où des incidents avaient éclaté près d'une synagogue à l'issue d'une manifestation le 13 juillet.

Selon des sources policières, les forces de l'ordre ont reçu des "consignes de fermeté" pour intervenir "très rapidement et interpeller" en cas notamment de "slogans ou manifestations antisémites".

"Cette manifestation est illégale, mais pour nous elle est plus que légitime. Il s'agit de manifester notre solidarité avec un peuple qui est en train de se faire massacrer", expliquait Hugo, jeune militant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, extrême gauche) qui avait appelé au rassemblement.

"Nous voulons défendre notre point de vue, or on ne peut agir pour la Palestine qu'en parlant et en manifestant", assurait Sarah 19 ans, autocollant "la Palestine aux Palestiniens" sur le tee-shirt.

Le président François Hollande avait assuré le 14 juillet qu"il n'était pas question de laisser "s'importer" en France le conflit israélo-palestinien.

Vendredi soir, le Premier ministre Manuel Valls a adressé un message d'apaisement aux musulmans de France, en se rendant dans une mosquée de la banlieue sud de Paris pour la rupture du jeûne du ramadan.

"Quand des casseurs se réclament d'une forme dévoyée de l'islam, ce sont les musulmans qui souffrent les premiers car ces actes nourrissent des amalgames insupportables", a-t-il déclaré. "Des manifestations s'organisent, c'est un droit fondamental ! Mais rien, jamais, ne pourra justifier la violence, la haine de l'autre".

Contrairement à d'autres manifestations propalestiniennes en Europe qui ne suscitent pas de polémique, en France l'opposition à l'offensive israélienne s'est doublée d'une controverse sur l'interdiction de certains rassemblements et la montée de l'antisémitisme.

Critiqué par sa gauche et par une partie de l'opposition de droite pour avoir joué le pompier pyromane en interdisant des manifestations, le président Hollande répète qu'il faut "faire respecter l'ordre républicain et refuser les slogans qui expriment la haine".

De leur côté, les ONG Amnesty international et Human Rights Watch se sont inquiétées des restrictions à la "liberté de réunion".

Des manifestations propalestiniennes étaient organisées samedi dans plusieurs autres villes françaises, comme chaque week-end depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza.

En 19 jours, elle a déjà fait au moins 1.000 morts côté palestinien et 39 côté israélien. Des responsables internationaux se sont réunis samedi à Paris appelant à prolonger le cessez-le-feu humanitaire entré en vigeur en début de matinée.

dif-rb-bfa/at/so/alc/gg

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.