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France: le Conseil d'Etat confirme l'interdiction d'une manifestation propalestinienne à Paris

Le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative française, a confirmé samedi l'interdiction d'une manifestation propalestinienne prévue en milieu d'après-midi à Paris.

Saisi en urgence par les organisateurs, le juge des référés a rejeté leur recours, jugeant que les raisons invoquées par la préfecture de police étaient justifiées, notamment les violences commises lors de précédentes manifestations à Paris les 13 et 19 juillet.

La préfecture de police de Paris avait également avancé le fait que les organisateurs n'aient pas respecté le délai de trois jours pour la déclaration de la manifestation et qu'ils n'aient pu démontrer leur capacité à mettre en place un service d'ordre suffisant.

Avant même l'annonce du Conseil d'Etat, certains organisateurs de la manifestation, comme le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA, extrême gauche), avaient appelé à braver l'interdiction en se rassemblant comme prévu à 15H00 (13H00 GMT) Place de la République, en plein centre de Paris.

Selon des sources policières, les forces de l'ordre ont mobilisé environ 2.000 hommes et reçu des "consignes de fermeté" pour intervenir "très rapidement et interpeller" en cas de non-respect de l'interdiction de manifester ou de "slogans ou manifestations antisémites".

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a appelé samedi après-midi "pour la dernière fois" les organisateurs à "renoncer" à leur projet, soulignant qu'ils seraient tenus pour "responsables des débordements (...) et passibles de sanctions pénales".

Contrairement à d'autres manifestations propalestiniennes en Europe qui ne suscitent pas de polémique, en France l'opposition à l'offensive israélienne s'est doublée d'une controverse sur l'interdiction par les autorités de certains rassemblements et sur la montée de l'antisémitisme.

Critiqué par sa gauche et par une partie de l'opposition de droite pour avoir joué le pompier pyromane en interdisant des manifestations, le président François Hollande a défendu son credo: "faire respecter l'ordre républicain et refuser les slogans qui expriment la haine".

Les détracteurs du gouvernement soulignent que les manifestations autorisées se sont déroulées sans incident majeur, et que les deux rassemblements qui ont dégénéré le week-end dernier, à Paris et Sarcelles, avaient fait l'objet d'interdictions.

Les ONG Amnesty international et Human Rights Watch se sont toutes deux inquiétées des restrictions à la "liberté de réunion".

Le 19 juillet, une manifestation de soutien à Gaza, bien qu'interdite, avait rassemblé des milliers de personnes et dégénéré en violences spectaculaires dans le quartier parisien de Barbès. Dix-sept policiers et gendarmes avaient été blessés et 44 personnes interpellées.

Mercredi, une nouvelle manifestation, cette fois autorisée, avait rassemblé sans incidents au moins 14.500 personnes.

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